Une fois n'est pas coutume, ce blog héberge une note d'espoir. La raison en est simple : la réflexion autour d'une protection sociale mondiale avance ! Le FMI, l'ONU et certains économistes renommés ont commencé à soutenir cette idée, non pas sur des considérations morales qui mériteraient en eux-mêmes d'étudier le sujet, mais sur des considérations économiques. Et pour cela, il faut remercier Lula.
Lula a montré au monde qu'en instaurant une protection sociale pour les plus démunis, il permettait de créer une croissance de la demande interne durable, moteur d'un développement positif pour tout un pays. Bien sûr, cette protection doit être bien pensée, afin qu'elle ne parte pas en exportations et ruine le pays qui la met en place, mais les besoins premiers d'un pays pauvre vont souvent à des biens de première nécessité, fournis par l'économie nationale. Ainsi, la redistribution vers les couches les plus basses est une stratégie de soutien de la demande très intéressante, car les pauvres consomment le peu d'argent qu'ils ont beaucoup plus qu'ils ne l'épargnent.
Donc, pour relancer une économie mondiale défaillante, l'idée est simple : recopier la tactique Lula. Et par la même occasion, sortir quelques centaines de millions de personnes de la misère... Autant dire que l'idée est bonne, car elle rejoint le diagnostic de surépargne qui gangrène l'économie mondiale, provoquant une grave crise d'endettement public. Rétablir l'équilibre entre consommation et épargne passe par une redistribution des revenus, et par l'acceptation que le marché capitaliste ne permet pas à lui tout seul de rééquilibrer naturellement l'économie, surtout quand des stratégies de protectionnisme monétaire sont à l'oeuvre. En définitive, le creusement des inégalités, défendu par les capitalistes comme une nécessité pour la croissance économique, se révèle au contraire une limite majeure à la croissance de l'économie, car celles-ci créent des bulles d'endettement insoutenables à terme. Et le monde, qui sort à peine de l'éclatement d'une bulle immobilière, va bientôt vivre l'explosion de la suivante, bien plus grosse, celle de la dette publique...
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
lundi 27 décembre 2010
vendredi 24 décembre 2010
Le triple A de la France
Voilà une annonce étonnante en ces temps de dégradation des notes européennes : Standard & Poor's confirme la note AAA de la France ! Mouvement très étrange au demeurant, quand on connaît la situation française (7,7 % de déficit et une dette de plus de 80 % du PIB). Cette annonce semble destinée aux investisseurs, avec pour but inavoué de conserver un niveau élevé pour l'euro. Car si la France en venait à être dégradée, nul doute que l'euro s'effondrerait, ce qui ne ferait pas les affaires des USA et de la Chine en particulier. Il est donc préférable de maintenir l'illusion le plus longtemps possible, afin que la compétitivité européenne reste défaillante, permettant aux américains et aux chinois de relancer leur propre machine économique.
Le jour où la Chine comprendra qu'elle a aujourd'hui plus intérêt à réévaluer sa monnaie pour profiter de matières premières moins chères, qu'à la conserver sous-évaluée, la situation évoluera favorablement. Mais elle ne semble pas prête à faire ce mouvement rapidement, entraînant le monde et en particulier l'Europe dans une grave crise d'endettement public...
Le jour où la Chine comprendra qu'elle a aujourd'hui plus intérêt à réévaluer sa monnaie pour profiter de matières premières moins chères, qu'à la conserver sous-évaluée, la situation évoluera favorablement. Mais elle ne semble pas prête à faire ce mouvement rapidement, entraînant le monde et en particulier l'Europe dans une grave crise d'endettement public...
vendredi 17 décembre 2010
La crise continue
Les dernières semaines ont été finalement tranquilles, avec de nouvelles étapes attendues vers la crise de la dette publique européenne : la dégradation des notes des pays les plus exposés (l'Irlande de 5 crans par Moody's !, la Grèce encore une fois, et même la Belgique maintenant), le sauvetage de l'Irlande par un prêt du FESF de 25 milliards, les craintes sur le Portugal et l'Espagne, et une renégociation de la dette grecque par le FMI et l'Union Européenne.
Ce qui paraît irréel est que malgré ces alertes de plus en plus marquées sur la situation de l'économie européenne, l'euro ne soit pas encore descendu à des niveaux abyssaux. Bien sûr, ce n'est aucunement l'intérêt des autres pays mais l'euro devrait logiquement s'effondrer quand on voit la BCE se préparer par une augmentation de capital à absorber des centaines de milliards de dette publique européenne, à monétiser la dette publique. Le déclic devrait arriver quand la France et de l'Italie seront elles aussi dans des situations de plus en plus désespérées...
Voici donc la suite logique : plans de rigueur inefficaces dans les pays les plus exposés à une crise de leur dette publique, continuation des déficits et interventions accrues de la BCE pour soutenir les emprunts souverains, jusqu'à ce que l'effondrement de l'euro amène une inflation importée (énergie et matières premières) qui permettra de rééquilibrer les budgets par l'effacement des dettes publiques. Une grande vague d'inflation, il n'y a rien de mieux pour effacer de la dette publique, qui de toute façon ne pourra jamais être remboursée...
Ce qui paraît irréel est que malgré ces alertes de plus en plus marquées sur la situation de l'économie européenne, l'euro ne soit pas encore descendu à des niveaux abyssaux. Bien sûr, ce n'est aucunement l'intérêt des autres pays mais l'euro devrait logiquement s'effondrer quand on voit la BCE se préparer par une augmentation de capital à absorber des centaines de milliards de dette publique européenne, à monétiser la dette publique. Le déclic devrait arriver quand la France et de l'Italie seront elles aussi dans des situations de plus en plus désespérées...
Voici donc la suite logique : plans de rigueur inefficaces dans les pays les plus exposés à une crise de leur dette publique, continuation des déficits et interventions accrues de la BCE pour soutenir les emprunts souverains, jusqu'à ce que l'effondrement de l'euro amène une inflation importée (énergie et matières premières) qui permettra de rééquilibrer les budgets par l'effacement des dettes publiques. Une grande vague d'inflation, il n'y a rien de mieux pour effacer de la dette publique, qui de toute façon ne pourra jamais être remboursée...
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