Alors que l'Espagne continue d'inquiéter le monde financier, à peu près à égalité avec le Portugal et l'Irlande, il est temps de disserter rapidement sur l'interaction entre Etat et marché, longtemps opposés, mais en réalité beaucoup plus complémentaires qu'il ne paraît.
Bien sûr, tout commence par la séparation entre capitalisme et économie de marché, bien plus opposés que combinés, même s'ils ont été longtemps confondus. Une économie de marché n'est pas nécessairement une économie où le capital possède le pouvoir de décision des entités de production, mais plutôt un système de promotion de la liberté par le biais de la concurrence, niveleuse de pouvoirs économiques. Ainsi une économie de marché n'est pas un système de pur laissez-faire mais doit obéir à quelques règles, de répartition de pouvoir en particulier, afin que les pouvoirs restent limités et ne viennent pas fausser la liberté individuelle qu'elle doit créer.
De son côté, l'Etat, quand il est démocratique, porte aussi un idéal de liberté individuelle, idéal inscrit dans les constitutions et symbolisé par la séparation des pouvoirs (judiciaire, législatif, exécutif). Cette séparation permet relativement bien à l'individu de se défendre face à l'Etat, par la défense de ses droits fondamentaux. C'est d'ailleurs cette idée de liberté de l'individu opprimé par l'Etat monarchique qui a sous-tendu les révolutions démocratiques des siècles passés. Par conséquent, Etat démocratique et marché (non le capitalisme) ont le même but, la liberté. Mais L'Etat démocratique ne doit pas pour autant s'immiscer dans chaque recoin de l'économie de marché pour la faire survenir.
En effet, l'Etat doit permettre aux différents pouvoirs économiques de s'exprimer et de s'opposer, mais il ne doit pas diriger le marché, car il le fait par une approche top-down qui ne correspond pas du tout à la structure mouvante, fluide, d'un système constitué d'interactions individuelles perpétuelles. La régulation du marché doit plutôt se faire par une approche bottom-up, où ce sont les pouvoirs microéconomiques qui s'affrontent et s'équilibrent, l'Etat se préoccupant bien plus des sujets macroéconomiques, à sa taille et à son niveau d'action.
Avec cette vision nouvelle du marché, qui obéit à ses avantages réels, une nouvelle relation entre Etat et marché se dessine, une relation de complémentarité, et non d'opposition. Laissons donc l'opposition Etat-marché au siècle dernier, et commençons à parler de complémentarité, à l'alliance entre Etat et marché.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire