Le jeu des monnaies majeures commence à devenir fascinant, car des fissures énormes sur la façade coopérativiste mondiale sont apparues (il est d'ailleurs paradoxal de demander de la coopération monétaire dans un marché normalement dominé par la compétition, mais la pratique n'est pas toujours clémente avec l'idéologie). La banque centrale japonaise a ouvert le bal en manipulant sa monnaie pour lutter contre le yen fort, la banque centrale américaine a répliqué en annonçant que la planche à billet pourrait être de retour aux USA pour soutenir la croissance américaine défaillante, et la banque centrale chinoise à bien sûr continué son jeu de sous-évaluation du yuan pour soutenir ses exportations. Ne restait que la banque centrale européenne, qui n'a besoin de rien faire, sinon d'attendre une nouvelle émission mouvementée de dette publique d'un des PIGS. Bref, chacun lutte de son côté pour ne pas étouffer sa croissance domestique par une monnaie trop forte.
Le résultat de cette cacophonie, ou de cette saine compétition, au choix, est que les monnaies évoluent de façon erratique. En ce moment, l'euro est remonté très haut, mais ne devrait pas y rester très longtemps avec les problèmes de déficits publics de la zone euro. En effet, les obligations à 10 ans du Portugal, de l'Espagne et de l'Irlande sont bien au-dessus de 6%, un nouveau record. De l'autre côté de l'Atlantique, le nouveau cheval de bataille de l'Amérique est plutôt le yuan, avec des premières sanctions contre sa sous-évaluation permanente, qui donneront peut-être quelques résultats positifs.
Pour finir sur une touche nationale, notre Ministre du Budget F. Baroin a raconté une bonne blague la semaine dernière, annonçant un déficit à 92 milliards en 2011 alors que celui de 2010 devrait flirter avec les 150 milliards de déficit. Quand on sait que l'élection présidentielle est en juin 2012, le déficit 2011 risque d'être un sujet plus que secondaire...
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