mercredi 18 juillet 2012

Sauvons le soldat Euro : les solutions

Bon... Puisque l'euro continue à poser problème, voici les quelques solutions, simples, pour sauver ce soldat abandonné au combat. La plus simple, mais la moins faisable, serait de sortir l'Allemagne de l'euro, afin de dévaluer l'euro proprement une bonne fois. Mais puisque cette solution reviendrait à transformer l'euro en monnaie latine, et donc à l'abandonner, il ne reste que 2 solutions : 1. transférer des revenus des pays en bonne santé (l'Allemagne), aux pays en mauvaise santé (grosso modo, les autres), par la fiscalité. L'intégration fédérale se résumerait donc à ça, des transferts fiscaux des régions européennes les plus riches vers les moins riches, pour rééquilibrer les richesses au nom de la solidarité et surtout réinvestir dans les régions qui en ont besoin. Mais l'Allemagne n'acceptera jamais. 2. toujours transférer des revenus des pays en bonne santé (l'Allemagne), aux pays en mauvaise santé (grosso modo, les autres), par des droits de douane. Le résultat serait similaire à une dévaluation des économies latines par rapport à l'Allemagne (puisque les produits allemands seraient plus chers), et permettrait aux pays latins de se relancer. L'Allemagne n'accepterait jamais, mais on ne lui demanderait pas son avis. Expliquons maintenant rapidement pourquoi il ne peut y avoir que ces deux solutions. L'Allemagne a proposé une solution sacrificielle, le rétablissement de la compétitivité par la compression des coûts salariaux, ce qui se traduira par une récession majeure dans tous les pays qui s'y plieront, sans jamais arriver à sortir la tête de l'eau... N'oublions pas que l'Allemagne, qui se targue d'avoir réalisé ce chemin dans les années 2000, a en fait subi une dévaluation déguisée : celle du passage à l'euro. Dans la zone euro, l'apparition de la monnaie européenne a été une bénédiction pour l'Allemagne, dont les efforts salariaux n'auraient jamais permis le rétablissement de la compétitivité, avec une fluctuation des monnaies européennes qui aurait annihilé ces efforts. Le soldat Euro a en réalité sauvé l'Allemagne dans les années 2000... et continue à le faire aujourd'hui. La baisse de l'euro face aux autres monnaies règle seulement une petite partie, extérieure, mais comme celle-ci profite à l'Allemagne, le déficit de compétitivité intra-euro ne peut se résorber par les fluctuations monétaires. Reste donc seulement le transfert de revenus entre pays de la zone euro. Ou bien une inflation qui entraînera tous les pays dans le rétablissement compétitif par le rééquilibrage entre épargne et consommation, tout en effaçant des dettes antérieures. Cependant, sans politique monétaire et budgétaire très agressive, ceci n'arrivera pas... Bref, un peu de protectionnisme dans la zone euro serait une solution très salutaire, une forme de fédéralisme européen pour sauver le soldat euro...

lundi 18 juin 2012

L'Espagne et la Grèce : le tango

Après presque 3 mois de pause, pour cause de lassitude sur des événements toujours aussi répétitifs, un petit résumé semblait de mise, surtout après les élections grecques du 17 juin dernier. Cela devrait aller vite : la Grèce s'enfonce mais reste dans l'euro, l'Espagne s'enfonce et fait trembler les autres pays, à cause de la vitesse d'évolution de ses taux d'intérêts (7% de taux d'intérêt). La BCE devrait intervenir pour soutenir l'Espagne bientôt, après que l'UE ait accepté de sauver le système bancaire espagnol il y a à peine quelques semaines. Pendant ce temps, l'euro descend, et l'idée d'une sortie de la crise par l'inflation progresse. La planche à billets n'aurait même pas besoin de fonctionner à plein régime, puisqu'un bon rééquilibrage de l'euro (environ 1$ pour 1€) aiderait déjà largement la zone euro à rembourser ses dettes, pour autant que l'on accepte les augmentations de salaire qui permettent de suivre l'inflation, et de la soutenir...

jeudi 29 mars 2012

Quand tout va bien, jusque là

De façon très intéressante, tout semble aller bien en Europe pour le moment. Ou comme le dit le proverbe, "jusqu'ici tout va bien...". Avec la BCE remettant le couvert pour plus de 500 milliards d'euros donnés aux banques (plus de 1000 milliards au total), il est vrai qu'il n'y a pas trop de quoi s'inquiéter. Mais, à bien y réfléchir, peut-être qu'il est vraiment temps de s'inquiéter : L'euro reste désespérément haut (supérieur à 1,3 $), l'Espagne reste désespérément au chômage et sur la corde raide au niveau bancaire, l'Italie fait des reproches au lieu de s'occuper de sa croissance, la France ne fait rien (en fait si, elle élit son président), même la Hollande entre en récession, et l'Irlande y est. Ajoutons à cela une bulle immobilière encore non résorbée dans les pays latins, et cerise sur le gateau, la Grèce qui continue l'hémorragie sans pouvoir y changer grand-chose, avec 130 milliards de plus de l'Europe et 100 milliards effacés de sa dette. Résultat de ces événements économiques désastreux : le taux d'épargne français est au plus haut, 16,8 %. L'épargne de précaution n'est pas un vain concept économique. Prenons le positivement : plus de ressources pour financer les dettes de l'Etat français, plutôt que négativement : la consommation intérieure flanche. D'un côté, puisque le problème de la France est un problème d'offre selon certains, ce n'est pas très gênant, cela fait juste moins d'importations... De l'autre, par contre, avec une telle épargne, qui n'est pas qu'une spécificité française malheureusement, la reprise économique risque de tarder à se faire sentir, si la consommation n'est pas là. La surépargne demeure donc encore et toujours, avec pour solution simple : l'inflation, venue d'une baisse de l'euro et d'une hausse des matières premières qui permettrait un rééquilibrage de la balance la plus fondamentale de l'économie, le rapport consommation/épargne (qui devrait être lié à la croissance du PIB à long terme et être donc un objectif majeur de politique macro-économique...).