C'est fait, l'Allemagne a accepté d'aider encore une fois la Grèce, même si elle sait que c'est en pure perte qu'elle finance le déficit insurmontable grec. Des voix gouvernementales allemandes préconisent même maintenant une sortie de la Grèce de l'euro, seul moyen rapide d'obtenir une dévaluation salutaire pour l'économie grecque, mais désastreuse pour ses citoyens.
Seulement, avec 140 milliards, la sortie semble retardée, et devrait donner le temps aux Portugais, Espagnols et Italiens de rejoindre la Grèce dans le cauchemar de la dette publique amenant de l'austérité, une récession et encore plus de déficit. Cependant, la BCE fait ce qu'il faut, c'est-à-dire qu'elle alimente en argent gratuit les banques pour qu'elles financent à un taux d'intérêt acceptable les pays latins, tout cela pour acheter du temps. Mais du temps pour quoi faire, retrouver de la croissance ? Et d'où viendra-t-elle exactement ? L'inflation, solution à la crise, est aussi la solution à l'origine de cette crise, la surépargne et la répartition non optimale des revenus qui l'entretient.
Suite au prochain épisode, c'est-à-dire dans quelques semaines...
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
mardi 28 février 2012
samedi 11 février 2012
Oui à la sortie de l'euro... de l'Allemagne
Le débat sur la sortie de la Grèce de la zone euro s'apparente à un faux débat : le signal envoyé aux marchés financiers serait désastreux, mais surtout l'impact psychologique sur l'absence de solidarité des pays européens porterait certainement un coup fatal à l'idée d'intégration économique européenne. Non, s'il fallait qu'un pays sorte de la zone euro, que ce ne soit pas le plus faible, mais le plus fort.
L'Allemagne serait donc la meilleure cible des arguments de sortie de la zone euro, avec à la clé des avantages non négligeables. Le premier et plus important serait une diminution rapide de l'euro, puisque l'euro libéré de l'économie allemande pourrait se retrouver à des niveaux bas, compétitifs, tandis que le mark se retrouverait une monnaie forte, équilibrant la vigueur de l'économie allemande par un taux de change défavorable. En réalité, il ne faut pas se mentir : l'Allemagne a profité d'une dévaluation compétitive déguisée avec l'euro, ce qui lui a permis pendant les années 2000 de se réformer et de retrouver de la compétitivité. Mais personne en Allemagne ne veut véritablement admettre que sans l'euro qui maintient artificiellement bas leur monnaie, l'Allemagne n'aurait pas réussi aussi bien. Car admettre ce fait, c'est admettre l'intérêt d'une dévaluation pour relancer une économie non compétitive, et donc l'intérêt de faire de même pour l'euro à l'heure actuelle...
Un autre avantage non négligeable serait une bien plus grande communauté d'intérêts entre les pays de la zone euro, puisque presque tous ayant les mêmes défis d'endettement et d'austérité, les décisions politiques et monétaires (BCE) seraient beaucoup plus rapides et efficaces. Enfin, dernier avantage non négligeable, au vu du différentiel de taux de change entre Allemagne et pays de la zone euro, les producteurs de la zone euro ne subiraient plus une telle pression de compétitivité avec leurs homologues allemands...
L'Allemagne serait donc la meilleure cible des arguments de sortie de la zone euro, avec à la clé des avantages non négligeables. Le premier et plus important serait une diminution rapide de l'euro, puisque l'euro libéré de l'économie allemande pourrait se retrouver à des niveaux bas, compétitifs, tandis que le mark se retrouverait une monnaie forte, équilibrant la vigueur de l'économie allemande par un taux de change défavorable. En réalité, il ne faut pas se mentir : l'Allemagne a profité d'une dévaluation compétitive déguisée avec l'euro, ce qui lui a permis pendant les années 2000 de se réformer et de retrouver de la compétitivité. Mais personne en Allemagne ne veut véritablement admettre que sans l'euro qui maintient artificiellement bas leur monnaie, l'Allemagne n'aurait pas réussi aussi bien. Car admettre ce fait, c'est admettre l'intérêt d'une dévaluation pour relancer une économie non compétitive, et donc l'intérêt de faire de même pour l'euro à l'heure actuelle...
Un autre avantage non négligeable serait une bien plus grande communauté d'intérêts entre les pays de la zone euro, puisque presque tous ayant les mêmes défis d'endettement et d'austérité, les décisions politiques et monétaires (BCE) seraient beaucoup plus rapides et efficaces. Enfin, dernier avantage non négligeable, au vu du différentiel de taux de change entre Allemagne et pays de la zone euro, les producteurs de la zone euro ne subiraient plus une telle pression de compétitivité avec leurs homologues allemands...
samedi 28 janvier 2012
La hausse du pétrole : une bonne nouvelle
Ce billet un peu prospectif prend le contre-pied de la pensée économique actuelle, et demande une hausse du prix du pétrole salvatrice pour l'économie mondiale, contrairement à ce que l'on peut imaginer...
La hausse du pétrole apporte deux avantages économiques majeurs, qui font militer pour que cette hausse survienne violemment et rapidement.
Le premier avantage est clair, une inflation permettant de sortir de la crise des dettes publiques. Une inflation importée de la hausse du pétrole, et suivie par la hausse des salaires (créant ce qu’on appelle l’inflation de deuxième tour) permettrait de desserrer l’étau de la crise, en remboursant des dettes publiques colossales qui asphyxient les pays développés, sans douleur ni austérité majeure. Le stock de dettes anciennes serait remboursé à une valeur inférieure à son prix de revient d’origine, tandis que la hausse des prélèvements en valeur des Etats permettrait de combler les déficits élevés actuels, pour dégager une marge de manœuvre financière suffisante pour rassurer les investisseurs. Evidemment, les dettes nouvelles se retrouveraient avec un taux d’intérêt plus élevé, pour prendre en compte l’inflation, mais le besoin plus réduit de ces dettes de la part des Etats en meilleure situation compenserait largement cette hausse des taux. Pour finir, l’inflation aurait un effet salutaire sur l’économie en général, puisqu’elle réduirait la situation de surépargne à l’origine de la crise.
Le deuxième avantage est un peu plus élaboré, puisqu’il consiste en une hausse de la production dans les pays développés, par trois mécanismes distincts. Le premier mécanisme est simple, il s’agit d’une relocalisation de la production, pour cause de coûts de transport en très forte hausse. L’écart de salaires entre pays éloignés géographiquement aurait directement moins d’impact à cause du coût de transport des marchandises. Le deuxième mécanisme est celui d’un soutien à la modernisation des infrastructures (réseau électrique, isolation, transports), puisqu’il faudrait économiser l’énergie chère, et donc enclencher une grande vague de production locale et technologique pour le développement durable. Le troisième mécanisme est lié aussi à la hausse du pétrole, avec une hausse des investissements en R&D dans le domaine énergétique, et donc une hausse des emplois qualifiés dans les pays développés pour substituer le pétrole ou l’économiser. La hausse de production induite serait donc un autre atout pour les pays développés, grands importateurs d’énergie fossile.
Deux façons de voir survenir une hausse du pétrole existent, la première et la plus puissante, par la hausse du prix du baril, à cause de la raréfaction des ressources et donc une tension sur la production. Mais la baisse de l’euro est aussi une façon indirecte d’obtenir les avantages économiques énoncés plus haut, de façon moins importante que de la hausse directe du baril de pétrole. Finalement, même si la hausse du pétrole peut pénaliser individuellement, collectivement il s’agirait d’un événement économique très positif. Sans parler des avantages écologiques, qui ne sont pas l'objet de ce blog, mais qui ne doivent pas être oubliés…
La hausse du pétrole apporte deux avantages économiques majeurs, qui font militer pour que cette hausse survienne violemment et rapidement.
Le premier avantage est clair, une inflation permettant de sortir de la crise des dettes publiques. Une inflation importée de la hausse du pétrole, et suivie par la hausse des salaires (créant ce qu’on appelle l’inflation de deuxième tour) permettrait de desserrer l’étau de la crise, en remboursant des dettes publiques colossales qui asphyxient les pays développés, sans douleur ni austérité majeure. Le stock de dettes anciennes serait remboursé à une valeur inférieure à son prix de revient d’origine, tandis que la hausse des prélèvements en valeur des Etats permettrait de combler les déficits élevés actuels, pour dégager une marge de manœuvre financière suffisante pour rassurer les investisseurs. Evidemment, les dettes nouvelles se retrouveraient avec un taux d’intérêt plus élevé, pour prendre en compte l’inflation, mais le besoin plus réduit de ces dettes de la part des Etats en meilleure situation compenserait largement cette hausse des taux. Pour finir, l’inflation aurait un effet salutaire sur l’économie en général, puisqu’elle réduirait la situation de surépargne à l’origine de la crise.
Le deuxième avantage est un peu plus élaboré, puisqu’il consiste en une hausse de la production dans les pays développés, par trois mécanismes distincts. Le premier mécanisme est simple, il s’agit d’une relocalisation de la production, pour cause de coûts de transport en très forte hausse. L’écart de salaires entre pays éloignés géographiquement aurait directement moins d’impact à cause du coût de transport des marchandises. Le deuxième mécanisme est celui d’un soutien à la modernisation des infrastructures (réseau électrique, isolation, transports), puisqu’il faudrait économiser l’énergie chère, et donc enclencher une grande vague de production locale et technologique pour le développement durable. Le troisième mécanisme est lié aussi à la hausse du pétrole, avec une hausse des investissements en R&D dans le domaine énergétique, et donc une hausse des emplois qualifiés dans les pays développés pour substituer le pétrole ou l’économiser. La hausse de production induite serait donc un autre atout pour les pays développés, grands importateurs d’énergie fossile.
Deux façons de voir survenir une hausse du pétrole existent, la première et la plus puissante, par la hausse du prix du baril, à cause de la raréfaction des ressources et donc une tension sur la production. Mais la baisse de l’euro est aussi une façon indirecte d’obtenir les avantages économiques énoncés plus haut, de façon moins importante que de la hausse directe du baril de pétrole. Finalement, même si la hausse du pétrole peut pénaliser individuellement, collectivement il s’agirait d’un événement économique très positif. Sans parler des avantages écologiques, qui ne sont pas l'objet de ce blog, mais qui ne doivent pas être oubliés…
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