Le prix du pétrole s'envole depuis quelques jours, et a dépassé les 110 dollars à Londres, sur fond de révolutions arabes. Les inquiétudes sur la production pétrolière en Libye et en Algérie, ajoutées à la possibilité d'élargissement des contestations à l'Arabie Saoudite et à l'Iran sont suffisantes pour que le prix du pétrole gagne plus de 20 % en une semaine. Spéculation à court terme ou anticipation réaliste de la suite des événements dans les pays arabes, personne ne le sait. Toujours est-il que ce prix élevé est une très bonne nouvelle d'un point de vue économique, puisque le pétrole est un des composants majeurs des prix, et donc une source d'inflation très importante, comme les krachs pétroliers des années 1970 nous le rappellent.
Évidemment, l'inflation issue du pétrole est bienvenue car elle donnera la possibilité à tous les pays développés lourdement endettés de rembourser sans douleur leurs dettes historiques, en monnaie de moindre valeur. Encore faut-il que la BCE "autorise" cette inflation, c'est-à-dire qu'elle ne relève pas son taux d'intérêt directeur pour la contrer, alors que cela n'aurait aucun effet autre que de tuer la reprise économique en cours en Europe. Aux USA, la Fed est beaucoup plus pragmatique et sera certainement bien plus tolérante sur l'inflation, afin d'éponger la dette astronomique des Etats-Unis, qu'elle commence à posséder de façon massive de toute façon. Non, le problème est encore et toujours dans les mains de la BCE, qui décidera peut-être de vouer l'Europe à des heures difficiles, et à l'hyperinflation à la fin, alors qu'elle devrait choisir le moindre mal, une inflation modérée pendant quelques années.
Un espoir surgit avec la hausse du prix du pétrole, un cadeau des révolutions arabes à l'économie mondiale que les pays développés feraient bien d'accepter.
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
samedi 26 février 2011
dimanche 20 février 2011
"La dernière bêtise à faire"
Voilà l'appréciation de M. Trichet sur une augmentation des salaires. Pour éviter une inflation de second tour - une inflation issue d'une hausse des salaires -, M. Trichet veut donc que l'inflation actuelle issue des matières premières et de l'énergie ne soit pas répercutée dans les salaires. En bref, que les salariés s'appauvrissent plutôt que de conserver leur pouvoir d'achat. Réjouissant pour la reprise économique.
Au-delà du dogmatisme sur l'inflation affiché par la BCE, le discours de M. Trichet apparaît comme un vrai révélateur de sa croyance profonde : celle d'une économie à l'allemande, où une consommation domestique atone est compensée par une exportation énorme, exportation rendue possible par la maîtrise des coûts salariaux, qui amène cette consommation atone. En résumé, l'Allemagne est une machine à exporter et à épargner, qui ne joue pas le jeu coopératif que l'économie de marché prône.
Puisqu'elle joue un jeu égoïste de compétitivité internationale maximale, elle s'expose à des problèmes majeurs, et elle expose ses partenaires aussi : le premier est que si tout le monde copie leur modèle, plus personne ne consommant réellement, une récession mondiale arrivera. Le deuxième est que si les pays partenaires continuent dans leur voie, ils vont se retrouver dans une situation d'endettement insoutenable (provoqué en partie d'ailleurs par l'abondance de l'épargne allemande). Le dernier problème est que puisque l'Allemagne joue un jeu non coopératif, les autres pays peuvent décider de ne plus coopérer non plus, et ériger des barrières douanières importantes pour répondre à ce cercle vicieux de la plus grande compétitivité possible. Un retour au protectionnisme provoqué par un raisonnement économique erroné.
L'Allemagne nous entraîne dans la théorie des jeux, dans un dilemme du prisonnier où il serait rationnel de coopérer, mais puisqu'une personne ne veut pas faire le choix de la coopération, alors une situation négative émerge pour tous. M. Trichet a choisi cette voie, une voie dangereuse car elle ne résoudra pas l'origine de la crise à venir, à savoir une épargne trop abondante.
Au-delà du dogmatisme sur l'inflation affiché par la BCE, le discours de M. Trichet apparaît comme un vrai révélateur de sa croyance profonde : celle d'une économie à l'allemande, où une consommation domestique atone est compensée par une exportation énorme, exportation rendue possible par la maîtrise des coûts salariaux, qui amène cette consommation atone. En résumé, l'Allemagne est une machine à exporter et à épargner, qui ne joue pas le jeu coopératif que l'économie de marché prône.
Puisqu'elle joue un jeu égoïste de compétitivité internationale maximale, elle s'expose à des problèmes majeurs, et elle expose ses partenaires aussi : le premier est que si tout le monde copie leur modèle, plus personne ne consommant réellement, une récession mondiale arrivera. Le deuxième est que si les pays partenaires continuent dans leur voie, ils vont se retrouver dans une situation d'endettement insoutenable (provoqué en partie d'ailleurs par l'abondance de l'épargne allemande). Le dernier problème est que puisque l'Allemagne joue un jeu non coopératif, les autres pays peuvent décider de ne plus coopérer non plus, et ériger des barrières douanières importantes pour répondre à ce cercle vicieux de la plus grande compétitivité possible. Un retour au protectionnisme provoqué par un raisonnement économique erroné.
L'Allemagne nous entraîne dans la théorie des jeux, dans un dilemme du prisonnier où il serait rationnel de coopérer, mais puisqu'une personne ne veut pas faire le choix de la coopération, alors une situation négative émerge pour tous. M. Trichet a choisi cette voie, une voie dangereuse car elle ne résoudra pas l'origine de la crise à venir, à savoir une épargne trop abondante.
lundi 14 février 2011
Un doublement du FESF : c'est fait
Il suffisait de le demander, et voilà la réponse : le FESF verra sa taille doublée, de 225 milliards effectifs à 500 milliards. Evidemment, l'Allemagne veut assortir ce chèque en blanc à des conditions de discipline budgétaire pour les pays en difficulté, mais l'illusion ne fonctionne qu'en Allemagne, et encore. Demander à un pays en proie à une crise de sa dette publique de créer une récession est une idée tout à fait contre-productive, et dont les limites se voient déjà en Grèce ou au Portugal, et même en Italie, qui a adopté une cure d'austérité qui devrait éteindre son début de croissance. Mais puisque la dévaluation n'est pas à l'ordre du jour, il reste le FESF pour venir financer les déficits publics européens, avant que la BCE ne s'y mette aussi, quand l'incendie se propagera vraiment.
De son côté, M. Trichet a rappelé son inflexibilité sur l'inflation, menaçant d'une hausse de taux tout dérapage des prix trop important. Espérons que ce ne soient que des mots, puisque ce serait la meilleure façon de rendre encore plus insoutenable la dette publique en Europe...
De son côté, M. Trichet a rappelé son inflexibilité sur l'inflation, menaçant d'une hausse de taux tout dérapage des prix trop important. Espérons que ce ne soient que des mots, puisque ce serait la meilleure façon de rendre encore plus insoutenable la dette publique en Europe...
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