L'Angleterre vient d'annoncer une mesure édifiante et très british pour nous autres français : le licenciement massif de fonctionnaires. Presque 500 000 fonctionnaires anglais vont disparaître d'ici à 2015, par non remplacement des départs à la retraite, mais aussi par le licenciement de fonctionnaires. Quand l'Angleterre fait une cure d'austérité, elle ne la fait pas à moitié...
Au moins le gouvernement anglais a le mérite de la cohérence, ce qui doit rassurer les marchés financiers : la réduction des déficits publics s'annonce drastique, par la baisse des dépenses et la hausse des impôts. Mais la croissance risque d'être l'aliment manquant de cette soupe anglaise indigeste, annulant les efforts du gouvernement. Le risque sur la dette est tel qu'il n'entrevoit pas d'autre solution, ou se refuse à l'autre solution logique : dévaluer la livre et lancer l'inflation...
Avec 12 % de déficit public en 2010, il est vrai que des solutions dramatiques doivent être prises, mais n'est-ce pas là le tribut d'une économie surdimensionnée sur le secteur financier et qui donc paie le prix fort de la crise des subprimes ? A moins que par chance le secteur financier anglais reprenne des couleurs en finançant la croissance vigoureuse des BRIC (ce qui est très douteux cependant). Bonne chance aux anglais, et God save the Queen, puisqu'Il ne semble pas prêt à sauver les autres anglais...
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
samedi 23 octobre 2010
dimanche 17 octobre 2010
Attali remet ça
Jacques Attali en remet une couche, avec un deuxième rapport mettant en garde contre le déficit public. Une critique assez virulente mais justifiée de son approche récessionniste a été réalisée dans le blog ci-dessous :
http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2010/10/17/jacques-attali-expert-en-acquiescement/
Je n'y reviendrais donc pas.
Par contre deux mesures du rapport méritent d'être saluées et mises en avant, la première étant l'instauration d'une TVA sociale, une bonne mesure évidemment pour améliorer l'embauche (le coût d'une embauche est moins élevé et le licenciement moins intéressant), et qui plus est créatrice potentielle d'inflation. Autant dire que c'est une mesure à suivre rapidement et à instaurer le plus largement possible. La deuxième mesure, revoir l'impôt sur les successions, est encore plus importante, afin de procéder à un transfert national pour réduire la divergence des classes sociales, et continuer à soutenir la consommation.
Par contre, le gel des salaires des fonctionnaires est une mesure très inquiétante, car elle impactera directement la consommation, surtout si l'inflation se déclenche. D'ailleurs l'idée d'une dévaluation de l'euro, seule solution vraiment efficace de réduction de la dette publique (par de l'inflation importée et un gain de compétitivité), est complètement laissée de côté, et c'est regrettable.
Il y a donc eu des améliorations dans le deuxième rapport Attali, par rapport au premier, même si l'on reste encore dans le banalement ressassé. Peut-être le troisième rapport Attali sera-t-il un vrai succès ?
http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2010/10/17/jacques-attali-expert-en-acquiescement/
Je n'y reviendrais donc pas.
Par contre deux mesures du rapport méritent d'être saluées et mises en avant, la première étant l'instauration d'une TVA sociale, une bonne mesure évidemment pour améliorer l'embauche (le coût d'une embauche est moins élevé et le licenciement moins intéressant), et qui plus est créatrice potentielle d'inflation. Autant dire que c'est une mesure à suivre rapidement et à instaurer le plus largement possible. La deuxième mesure, revoir l'impôt sur les successions, est encore plus importante, afin de procéder à un transfert national pour réduire la divergence des classes sociales, et continuer à soutenir la consommation.
Par contre, le gel des salaires des fonctionnaires est une mesure très inquiétante, car elle impactera directement la consommation, surtout si l'inflation se déclenche. D'ailleurs l'idée d'une dévaluation de l'euro, seule solution vraiment efficace de réduction de la dette publique (par de l'inflation importée et un gain de compétitivité), est complètement laissée de côté, et c'est regrettable.
Il y a donc eu des améliorations dans le deuxième rapport Attali, par rapport au premier, même si l'on reste encore dans le banalement ressassé. Peut-être le troisième rapport Attali sera-t-il un vrai succès ?
mardi 12 octobre 2010
Rééchelonnement de la dette grecque
Le débat a été lancé, celui du rééchelonnement de la dette grecque, qui atteindra bientôt 130% du PIB, avec des prévisions allant jusqu'à 165%. Avec la récession en cours en Grèce, il n'est pas impossible du tout que ce chiffre s'envole encore, pour atteindre les 200 % dans quelques années. Le sujet du rééchelonnement de la dette grecque, évoqué au FMI, est donc un sujet d'actualité puisqu'il ne faudrait pas asphyxier la Grèce par des taux d'intérêts trop élevés et des besoins de refinancement trop courts. Mieux vaut donc allonger la maturité des dettes, afin de laisser le temps à la Grèce de se rétablir économiquement.
Evidemment, l'Allemagne s'étrangle et commence à dire qu'il n'en est pas question. Evidemment, elle ne s'y opposera plus quand la situation sera insoutenable, réussissant le tour de force de céder devant les problèmes de la Grèce tout en contribuant à les empirer par sa réticence à les résoudre de façon solidaire. Mais il est plutôt judicieux de démarrer le débat maintenant, alors qu'il est encore tôt pour que l'Allemagne s'y fasse doucement, tandis que les signaux s'allument dangereusement dans toute la périphérie européenne. L'Irlande reine du déficit, la Grèce reine de la dette, la péninsule ibérique en cure d'austérité sur fonds de récession, le cocktail est assez indigeste. Heureusement que ce n'est que le début, en attendant le tour de l'Italie et de la France, où les choses vont vraiment commencer à se corser, avec le dévissage tant attendu de l'euro.
Evidemment, l'Allemagne s'étrangle et commence à dire qu'il n'en est pas question. Evidemment, elle ne s'y opposera plus quand la situation sera insoutenable, réussissant le tour de force de céder devant les problèmes de la Grèce tout en contribuant à les empirer par sa réticence à les résoudre de façon solidaire. Mais il est plutôt judicieux de démarrer le débat maintenant, alors qu'il est encore tôt pour que l'Allemagne s'y fasse doucement, tandis que les signaux s'allument dangereusement dans toute la périphérie européenne. L'Irlande reine du déficit, la Grèce reine de la dette, la péninsule ibérique en cure d'austérité sur fonds de récession, le cocktail est assez indigeste. Heureusement que ce n'est que le début, en attendant le tour de l'Italie et de la France, où les choses vont vraiment commencer à se corser, avec le dévissage tant attendu de l'euro.
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