On aimerait y croire... Malheureusement, une telle réduction du déficit public en si peu de temps est plus qu'improbable, surtout avec une croissance si faible du PIB en perspective. Mais le besoin de rassurer les marchés étant la première obligation du gouvernement français à l'heure actuelle, l'annonce était prévisible. Deux raisons expliquent mon pessimisme sur le sujet, la première étant bien sûr l'impossibilité de réduire rapidement un déficit public élevé sans créer un début de récession, ou au mieux une croissance atone. La deuxième raison est politique, avec l'arrivée d'élections présidentielles en 2012 qui n'augurent jamais d'une bonne gestion des finances publiques, le politique prenant alors le pas sur l'économique.
La seule solution entre l'inquiétude des marchés financiers et la perspective des élections est donc une voie médiane, sans réduction forte des déficits publics qui rendrait trop impopulaire le gouvernement en place et éteindrait la déjà faible croissance. Mais cette voie ne fera que repousser le problème de peu de temps. A quel moment les marchés se forgeront-ils la conviction que la dette publique est insoutenable et ne sera pas remboursée, voilà la bonne question... M. Barouin l'a dit, le maintien de la note AAA de la France est un objectif "tendu", adjectif qui relève de l'euphémisme dans ce cas. La première dégradation de la note de la France ou de l'Italie devrait avoir des conséquences très importantes sur la suite des événements.
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
lundi 31 mai 2010
samedi 29 mai 2010
Degradation de la note de l'Espagne et inflation
La séquence menant au krach de la dette publique continue en Europe. Hier, la note de l'Espagne a été dégradée de AAA à AA+ par l'agence de notation Fitch. Même si cette dégradation est faible, elle marque le démarrage d'une forte pression financière sur le gouvernement espagnol afin qu'il diminue ses dépenses. Il va donc lui falloir faire une cure d'austérité suffisante pour rassurer les marchés mais sans pour autant casser la croissance balbutiante. Autant dire que ce jeu d'équilibriste est presque sans issue.
Mais avec la chute continue de l'euro que devrait entraîner cette situation, peut-être que l'inflation sera finalement de retour, seule solution à cette impasse où l'Europe se dirige. Encore faudra-t-il que la BCE accepte cette inflation, au mépris de son objectif de stabilité des prix, mais dans l'optique claire de désamorcer le krach budgétaire à venir. Seulement les allemands ne semblent pas encore d'accord sur cette alternative pourtant unique au krach, l'inflation. Car l'inflation a des avantages, au-delà de la diminution de l'endettement passé, dont un en particulier est le rééquilibrage de la consommation et de l'épargne, en particulier quand l'économie est en situation de surépargne...
Mais avec la chute continue de l'euro que devrait entraîner cette situation, peut-être que l'inflation sera finalement de retour, seule solution à cette impasse où l'Europe se dirige. Encore faudra-t-il que la BCE accepte cette inflation, au mépris de son objectif de stabilité des prix, mais dans l'optique claire de désamorcer le krach budgétaire à venir. Seulement les allemands ne semblent pas encore d'accord sur cette alternative pourtant unique au krach, l'inflation. Car l'inflation a des avantages, au-delà de la diminution de l'endettement passé, dont un en particulier est le rééquilibrage de la consommation et de l'épargne, en particulier quand l'économie est en situation de surépargne...
mardi 25 mai 2010
Hyperinflation : un consensus !!?
L'hyperinflation commence à être une solution évidente dans les médias et sur Internet. Une recherche rapide sur Google fait ressortir bon nombre d'articles qui mettent en garde contre l'hyperinflation, après les événements économiques récents. Même s'il est toujours agréable intellectuellement de voir son avis partagé, ce qui est beaucoup plus intéressant est une explication de ce qui a mené à cette crise. Et cette explication commence par le phénomène de surépargne.
Afin de résumer le contenu du livre Le krach de la dette publique (http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-krach-dette-publique.html), le mieux est de commencer par cette idée de surépargne en disant que c'est elle qui est la cause des bulles d'endettement qui ont ou vont prochainement exploser (dette privée dans le cas des subprimes, dette publique dans le cas du krach à venir). La surépargne est définie comme l'épargne supérieure à celle macroéconomiquement nécessaire pour financer la croissance. Dans des économies à faible croissance comme celle de nos pays développés, la surépargne est donc très fréquente et a pour cause un problème de répartition des gains de productivité, à la fois à cause du capitalisme et des avancées de la science.
Afin de résumer le contenu du livre Le krach de la dette publique (http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-krach-dette-publique.html), le mieux est de commencer par cette idée de surépargne en disant que c'est elle qui est la cause des bulles d'endettement qui ont ou vont prochainement exploser (dette privée dans le cas des subprimes, dette publique dans le cas du krach à venir). La surépargne est définie comme l'épargne supérieure à celle macroéconomiquement nécessaire pour financer la croissance. Dans des économies à faible croissance comme celle de nos pays développés, la surépargne est donc très fréquente et a pour cause un problème de répartition des gains de productivité, à la fois à cause du capitalisme et des avancées de la science.
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