Les banques centrales essaient de concilier croissance de la production et maîtrise de l'inflation. La question majeure est donc ce lien entre croissance et inflation. Etudions donc la relation entre ces deux objets :
0 - 0 : pas de croissance et pas d'inflation
0 - 1 : pas de croissance et inflation
1 - 0 : croissance et pas d'inflation (objectif des banques centrales)
1 - 1 : croissance et inflation
Bien sûr, récession et déflation sont intégrées, comme des formes extrêmes de 0 (pas de croissance) et 0 (pas d'inflation). Il est plutôt clair que 0 - 0 et 0 - 1 sont possibles, mais ce qui nous intéresse est plutôt le lien 1 - 0 et 1 - 1. Est-ce qu'une croissance à long terme peut être viable sans inflation ? Nous avons vu récemment des périodes de croissance sans inflation visible, hélas marqués par une inflation monétaire dissimulée sous forme de dettes, qui provoquaient un krach une fois mises à jour. C'est ce qui s'est passé avec la crise des subprimes, crise somme toute bénigne, et qui se passera avec la prochaine, la crise de la dette publique. La question posée par cette augmentation continue de la dette, qu'elle soit publique ou privée, est celle de la nécessité de l'inflation pour permettre une croissance significative à long terme.
Pourquoi donc l'inflation serait-elle nécessaire à la croissance ? Le lien entre inflation et croissance existe-t-il ? Si ce lien n'existe pas, alors la stratégie des banques centrales - la variation du taux d'intérêt directeur - est la bonne, puisqu'elle permet de relancer la croissance quand celle-ci diminue, et de diminuer l'inflation quand celle-ci augmente. Si un lien existe, par contre, alors leur stratégie est à revoir significativement. Intéressons-nous donc à la stratégie des banques centrales, la variation du taux d'intérêt.
A bientôt,
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
mercredi 22 juillet 2009
dimanche 19 juillet 2009
Bonne ou mauvaise inflation
Nous entrons maintenant dans une analyse de la normativité de l'inflation, qui qualifie alternativement l'inflation de 'bonne' ou de 'mauvaise' selon les référentiels considérés. Depuis longtemps, les économistes considèrent l'inflation négativement, et s'accordent pour la combattre vigoureusement. Le seul moment économique où elle devient acceptable est en période de crise économique, où elle est perçue comme un moindre mal que la baisse de la production. Habituellement pourtant, entre inflation et production, le choix se porte plutôt vers l'inflation, avec des hausses de taux d'intérêt directeurs dans le but de la contenir.
Les économistes semblent donc travailler, de façon consciente, avec deux référentiels normatifs distincts, le premier où le 'bon' est la croissance de la production, le 'mauvais' la baisse de la production, et le deuxième où le 'bon' est la maîtrise des prix, le 'mauvais' l'inflation. La préférence donnée à l'un ou l'autre référentiel explique presque tous les choix économiques majeurs des banques centrales. Néanmoins, en général, l'un et l'autre sont mélangés, selon le mot d'ordre suivant : croissance de la production avec stabilité des prix.
Malheureusement, l'un et l'autre se révèlent relativement antinomiques, comme nous le verrons par la suite. Il faut donc sacrifier en partie l'un à l'autre, croissance de la production ou stabilité des prix. En cherchant à concilier les deux, il faut soit sacrifier une partie de croissance possible de la production, soit accepter un peu plus d'inflation. Historiquement, les presque quarante dernières années ont été marquées par le premier choix : une maîtrise de l'inflation au prix d'une faible croissance. Pourtant, les Trente Glorieuses furent celles du choix inverse, la croissance au prix de l'inflation, avec un succès économique certain... Nous reviendrons sur ce revirement de choix économique.
L'inflation peut donc selon les référentiels être considérée normativement comme mauvaise, ou moins mauvaise. Elle sera presque toujours combattue, ou au mieux tolérée mais seulement en temps de crise économique majeure. La distinction entre inflation de production ou monétaire aura là toute son importance pour analyser un peu plus profondément cette idée de normativité de l'inflation, et comprendre comment elle peut être utile. Mais ce sera pour la prochaine fois...
A bientôt,
Les économistes semblent donc travailler, de façon consciente, avec deux référentiels normatifs distincts, le premier où le 'bon' est la croissance de la production, le 'mauvais' la baisse de la production, et le deuxième où le 'bon' est la maîtrise des prix, le 'mauvais' l'inflation. La préférence donnée à l'un ou l'autre référentiel explique presque tous les choix économiques majeurs des banques centrales. Néanmoins, en général, l'un et l'autre sont mélangés, selon le mot d'ordre suivant : croissance de la production avec stabilité des prix.
Malheureusement, l'un et l'autre se révèlent relativement antinomiques, comme nous le verrons par la suite. Il faut donc sacrifier en partie l'un à l'autre, croissance de la production ou stabilité des prix. En cherchant à concilier les deux, il faut soit sacrifier une partie de croissance possible de la production, soit accepter un peu plus d'inflation. Historiquement, les presque quarante dernières années ont été marquées par le premier choix : une maîtrise de l'inflation au prix d'une faible croissance. Pourtant, les Trente Glorieuses furent celles du choix inverse, la croissance au prix de l'inflation, avec un succès économique certain... Nous reviendrons sur ce revirement de choix économique.
L'inflation peut donc selon les référentiels être considérée normativement comme mauvaise, ou moins mauvaise. Elle sera presque toujours combattue, ou au mieux tolérée mais seulement en temps de crise économique majeure. La distinction entre inflation de production ou monétaire aura là toute son importance pour analyser un peu plus profondément cette idée de normativité de l'inflation, et comprendre comment elle peut être utile. Mais ce sera pour la prochaine fois...
A bientôt,
vendredi 10 juillet 2009
Origines de l inflation
Si l'inflation peut avoir deux origines distinctes, un excès de monnaie ou une tension de production, il n'est pas possible de traiter l'inflation de façon globale, sans distinguer entre ses origines. Il faut donc en premier lieu déterminer si l'inflation qui commence est une inflation de production (issue de tensions de production) ou une inflation monétaire (un excès de monnaie). En l'espèce l'inflation issue des chocs pétroliers était une inflation de production, tandis que l'inflation de pays en banqueroute (Russie, Argentine) était une inflation monétaire.
En termes de science économique, la première révolution conceptuelle à mener est donc de sortir du simplisme causal de l'inflation : une seule cause n'amène pas une seule conséquence. Deux causes différentes aboutissent à une même conséquence, un même résultat, l'inflation. Il est donc impératif de distinguer inflation de production et inflation monétaire, afin de les traiter comme il se doit.
Mais ces deux inflations peuvent se confondre, et être confondues. Par exemple, pour maintenir le volume de production après un choc ou des tensions de production, le recours à un accroissement de la masse monétaire sera souvent nécessaire, entraînant donc une inflation monétaire à la suite d'une inflation de production. L'une et l'autre peuvent donc être fortement liées. A bientôt,
En termes de science économique, la première révolution conceptuelle à mener est donc de sortir du simplisme causal de l'inflation : une seule cause n'amène pas une seule conséquence. Deux causes différentes aboutissent à une même conséquence, un même résultat, l'inflation. Il est donc impératif de distinguer inflation de production et inflation monétaire, afin de les traiter comme il se doit.
Mais ces deux inflations peuvent se confondre, et être confondues. Par exemple, pour maintenir le volume de production après un choc ou des tensions de production, le recours à un accroissement de la masse monétaire sera souvent nécessaire, entraînant donc une inflation monétaire à la suite d'une inflation de production. L'une et l'autre peuvent donc être fortement liées. A bientôt,
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