dimanche 7 août 2011

La note AAA des USA dégradée par S&P

C'est l'annonce du week end, la dégradation d'un cran de la note AAA des USA par S&P, à AA+. L'événement est repris mondialement, car c'est une première, qui risque de mettre tous les autres pays sous pression pour conserver leurs notes actuelles. On peut déjà s'attendre à ce que nos quatre coureurs européens du peloton de tête (Portugal Irlande Espagne Italie) soient dégradés dans les prochains mois, au vu de la croissance quasi-nulle ou pire de leur récession en cours sur fond d'austérité, et de comptes publics toujours dans le rouge vif. La Grèce est bien sûr hors-jeu puisqu'elle a déjà touché le fond, mais continuera à s'enfoncer tranquillement en attendant que les autres la rejoignent, pour enfin faire s'enfoncer l'euro et apporter un peu d'inflation salutaire...

La pire des solutions est en fait celle qui a été poursuivie depuis le début par les pays européens, et la BCE, c'est-à-dire une tentative de correction des économies latines sans correction de la monnaie. La dévaluation, outil de correction globale de l'endettement, et moyen fiscal indirect très puissant, est la seule arme utile dans ce cas de figure, message que la BCE commence semble-t-il à accepter, avec des rachats de dette publique qui reprennent, et vont même aller en augmentant avec l'Italie et l'Espagne qui sont attaquées.

Bref, l'euro va peut-être enfin redevenir une monnaie standard, c'est-à-dire reliée aux fondamentaux économiques de sa zone, zone fortement endettée et qui a besoin d'avoir une monnaie faible pour retrouver de la compétitivité. Enfin le grand rééquilibrage monétaire mondial va pouvoir avoir lieu, avec des pays en voie de développement qui vont découvrir le pouvoir d'achat de leur peuple et se recentrer sur leur marché intérieur, tandis que les pays développés découvriront qu'ils ne sont plus si riches que cela, une bonne nouvelle en soi.

jeudi 4 août 2011

La BCE intervient sur les marchés

Le message précédent était peut-être prémonitoire... Toujours est-il que la BCE est intervenue aujourd'hui pour acheter de la dette publique européenne, mais aussi pour fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin. En gardant son taux d'intérêt directeur à 1,5 %, elle a de plus montré qu'elle intégrait le ralentissement de l'économie et n'avait donc plus besoin de remonter son taux à court terme.

M. Trichet a donc enfin réagi à la crise qui prend forme, en particulier ces derniers jours avec l'incorporation de l'Espagne et de l'Italie dans la tourmente de financement. Mais étrangement, malgré les craintes sur la dette publique européenne, l'euro ne dévisse pas, restant collé autour de 1,40 $. Il est vrai que le dollar s'enfonce lui aussi, relativement aux autres monnaies et à l'or (1700 dollars l'once tout de même). Il va donc être nécessaire d'attendre encore un peu l'approfondissement de la crise de la dette publique, pour qu'enfin l'euro baisse, ou plutôt s'effondre si cela continue, et voir une forte inflation effacer l'endettement. Peut-être que cela viendra le jour où la France sera attaquée elle aussi...

mercredi 3 août 2011

Mais que fait la BCE ?

Toute à sa mission de protection contre l'inflation, la BCE brille par son absence et son mutisme en ces temps de quasi-panique boursière, entretenue par les problèmes de dette publique européenne et les craintes sur l'économie américaine. Alors que l'Italie et l'Espagne empruntent à plus de 6 % à 10 ans, que la Grèce a été sauvée de justesse et que le Portugal et l'Irlande risquent de resolliciter une aide européenne, le plus simple pour la BCE serait de déclarer sa volonté de soutenir tous les pays européens fortement endettés, au lieu de les laisser s'enfoncer. Car plus la BCE attend, plus les dégâts seront importants.

Mais au lieu d'aider les plus faibles, la BCE s'intéresse aux plus forts. Au lieu d'accepter que l'euro descende pour renforcer la compétitivité des pays et importer une légère inflation salutaire pour les dettes publiques, elle a remonté ses taux d'intérêts pour éviter justement l'inflation, et continue à ne pas vouloir intervenir directement pour acheter de la dette publique, comme la Fed le fait aux Etats-Unis quand il le faut. Cette politique anti-inflationniste stricte est absurde, puisqu'elle ne fait que reculer un effondrement inéluctable de l'euro, et donc une inflation qui sera d'autant plus forte que le temps passera. Elle conduit les Etats européens vers la récession puis l'hyperflation, alors qu'elle pourrait par ses déclarations ramener l'euro vers des niveaux bien plus supportables.

Peut-être M. Trichet est-il trop occupé à faire ses bagages pour s'en inquiéter, peut-être ne veut-il pas être celui qui aura accepté la monétisation de la dette publique européenne, mais en tout cas son successeur devra être plus pragmatique qu'il ne l'a été s'il veut désamorcer la bombe de la dette publique qui s'approche. Pour l'instant la France n'est pas attaquée, mais son tour viendra aussi, quand les objectifs de croissance comme de déficit publics ne seront pas atteints. L'année 2012 devrait être particulièrement intéressante à cet égard, au-delà de l'élection présidentielle, sur le développement attendu (ou plutôt redouté) de la dette publique.

Finalement, la seule bonne nouvelle de l'été est que la Grèce est sauvée provisoirement et dans la douleur, avec de ridicules contorsions politiques, permettant de se concentrer sur les pays suivants dans la liste. La prochaine étape devrait donc être un FESF aux moyens largement augmentés, ou bien la création d'obligations européennes, deux idées qui ne feront que gagner du temps dans la gestion du krach de la dette publique. Car le problème reste encore et toujours une épargne privée excessive qui plombe la consommation, problème qui serait avantageusement diminué par une inflation modérée... L'équilibre épargne/consommation, fondement de l'économie, doit enfin revenir à sa vraie place, la première.