Le message précédent était peut-être prémonitoire... Toujours est-il que la BCE est intervenue aujourd'hui pour acheter de la dette publique européenne, mais aussi pour fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin. En gardant son taux d'intérêt directeur à 1,5 %, elle a de plus montré qu'elle intégrait le ralentissement de l'économie et n'avait donc plus besoin de remonter son taux à court terme.
M. Trichet a donc enfin réagi à la crise qui prend forme, en particulier ces derniers jours avec l'incorporation de l'Espagne et de l'Italie dans la tourmente de financement. Mais étrangement, malgré les craintes sur la dette publique européenne, l'euro ne dévisse pas, restant collé autour de 1,40 $. Il est vrai que le dollar s'enfonce lui aussi, relativement aux autres monnaies et à l'or (1700 dollars l'once tout de même). Il va donc être nécessaire d'attendre encore un peu l'approfondissement de la crise de la dette publique, pour qu'enfin l'euro baisse, ou plutôt s'effondre si cela continue, et voir une forte inflation effacer l'endettement. Peut-être que cela viendra le jour où la France sera attaquée elle aussi...
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
jeudi 4 août 2011
mercredi 3 août 2011
Mais que fait la BCE ?
Toute à sa mission de protection contre l'inflation, la BCE brille par son absence et son mutisme en ces temps de quasi-panique boursière, entretenue par les problèmes de dette publique européenne et les craintes sur l'économie américaine. Alors que l'Italie et l'Espagne empruntent à plus de 6 % à 10 ans, que la Grèce a été sauvée de justesse et que le Portugal et l'Irlande risquent de resolliciter une aide européenne, le plus simple pour la BCE serait de déclarer sa volonté de soutenir tous les pays européens fortement endettés, au lieu de les laisser s'enfoncer. Car plus la BCE attend, plus les dégâts seront importants.
Mais au lieu d'aider les plus faibles, la BCE s'intéresse aux plus forts. Au lieu d'accepter que l'euro descende pour renforcer la compétitivité des pays et importer une légère inflation salutaire pour les dettes publiques, elle a remonté ses taux d'intérêts pour éviter justement l'inflation, et continue à ne pas vouloir intervenir directement pour acheter de la dette publique, comme la Fed le fait aux Etats-Unis quand il le faut. Cette politique anti-inflationniste stricte est absurde, puisqu'elle ne fait que reculer un effondrement inéluctable de l'euro, et donc une inflation qui sera d'autant plus forte que le temps passera. Elle conduit les Etats européens vers la récession puis l'hyperflation, alors qu'elle pourrait par ses déclarations ramener l'euro vers des niveaux bien plus supportables.
Peut-être M. Trichet est-il trop occupé à faire ses bagages pour s'en inquiéter, peut-être ne veut-il pas être celui qui aura accepté la monétisation de la dette publique européenne, mais en tout cas son successeur devra être plus pragmatique qu'il ne l'a été s'il veut désamorcer la bombe de la dette publique qui s'approche. Pour l'instant la France n'est pas attaquée, mais son tour viendra aussi, quand les objectifs de croissance comme de déficit publics ne seront pas atteints. L'année 2012 devrait être particulièrement intéressante à cet égard, au-delà de l'élection présidentielle, sur le développement attendu (ou plutôt redouté) de la dette publique.
Finalement, la seule bonne nouvelle de l'été est que la Grèce est sauvée provisoirement et dans la douleur, avec de ridicules contorsions politiques, permettant de se concentrer sur les pays suivants dans la liste. La prochaine étape devrait donc être un FESF aux moyens largement augmentés, ou bien la création d'obligations européennes, deux idées qui ne feront que gagner du temps dans la gestion du krach de la dette publique. Car le problème reste encore et toujours une épargne privée excessive qui plombe la consommation, problème qui serait avantageusement diminué par une inflation modérée... L'équilibre épargne/consommation, fondement de l'économie, doit enfin revenir à sa vraie place, la première.
Mais au lieu d'aider les plus faibles, la BCE s'intéresse aux plus forts. Au lieu d'accepter que l'euro descende pour renforcer la compétitivité des pays et importer une légère inflation salutaire pour les dettes publiques, elle a remonté ses taux d'intérêts pour éviter justement l'inflation, et continue à ne pas vouloir intervenir directement pour acheter de la dette publique, comme la Fed le fait aux Etats-Unis quand il le faut. Cette politique anti-inflationniste stricte est absurde, puisqu'elle ne fait que reculer un effondrement inéluctable de l'euro, et donc une inflation qui sera d'autant plus forte que le temps passera. Elle conduit les Etats européens vers la récession puis l'hyperflation, alors qu'elle pourrait par ses déclarations ramener l'euro vers des niveaux bien plus supportables.
Peut-être M. Trichet est-il trop occupé à faire ses bagages pour s'en inquiéter, peut-être ne veut-il pas être celui qui aura accepté la monétisation de la dette publique européenne, mais en tout cas son successeur devra être plus pragmatique qu'il ne l'a été s'il veut désamorcer la bombe de la dette publique qui s'approche. Pour l'instant la France n'est pas attaquée, mais son tour viendra aussi, quand les objectifs de croissance comme de déficit publics ne seront pas atteints. L'année 2012 devrait être particulièrement intéressante à cet égard, au-delà de l'élection présidentielle, sur le développement attendu (ou plutôt redouté) de la dette publique.
Finalement, la seule bonne nouvelle de l'été est que la Grèce est sauvée provisoirement et dans la douleur, avec de ridicules contorsions politiques, permettant de se concentrer sur les pays suivants dans la liste. La prochaine étape devrait donc être un FESF aux moyens largement augmentés, ou bien la création d'obligations européennes, deux idées qui ne feront que gagner du temps dans la gestion du krach de la dette publique. Car le problème reste encore et toujours une épargne privée excessive qui plombe la consommation, problème qui serait avantageusement diminué par une inflation modérée... L'équilibre épargne/consommation, fondement de l'économie, doit enfin revenir à sa vraie place, la première.
dimanche 31 juillet 2011
Le suspense américain à son comble, avant un happy ending
Les Etats-Unis nous ont habitués à des scénarii haletants, où tout semble perdu jusqu'au retournement de situation final, le happy ending. Il semble que nous vivons la même situation en ce moment, autour du débat sur le plafond de la dette publique américaine, entre désaccords démocrates et républicains. Un accord était impossible à trouver depuis plusieurs mois, et la négociation s'était aggravée pendant toute la semaine dernière jusqu'à ce que durant ce week end, deux jours avant la date fatidique du 2 août, un compromis émerge doucement, repoussant l'échéance jusqu'aux prochaines élections, après novembre 2012... finalement, personne n'est content, mais personne n'a perdu, et le flambeau est repassé au prochain résident de la Maison Blanche.
Pendant ce temps, en Europe, les pays latins n'ont pas le temps de souffler, en partie grâce aux agences de notation qui continuent à leur mettre la pression. Nos voisins surendettés continuent à payer fort cher leurs nouveaux emprunts, Italie et Espagne en tête, malgré la capacité d'intervention du FESF, qui a l'air de traîner des pieds pour s'exécuter... A quand une intervention massive de la Chine, pour diversifier ses dollars et acheter le Portugal, l'Espagne et l'Italie à la fois ?
Mais le pire dans cette histoire est que malgré la contagion des problèmes de dette publique à toute l'Europe latine (dont bientôt la France), l'euro se porte toujours aussi bien, n'arrivant pas à se rééquilibrer sérieusement contre le dollar. Le seul phénomène qui sauverait la zone euro serait un enfoncement profond de l'euro, restaurant la compétitivité des pays et important une inflation salutaire pour le dénouement de la crise de la dette publique (ainsi qu'un rééquilibrage entre consommation et épargne dont il a déjà été question). Si M. Trichet m'entend, un peu de courage et de réflexion, une inflation modérée vaut bien mieux que le krach destructeur qui nous attend, et qui aura pour résultante une hyperinflation. Sauver l'euro passe par son affaiblissement, comme les Etats-Unis le font avec le dollar.
Pendant ce temps, en Europe, les pays latins n'ont pas le temps de souffler, en partie grâce aux agences de notation qui continuent à leur mettre la pression. Nos voisins surendettés continuent à payer fort cher leurs nouveaux emprunts, Italie et Espagne en tête, malgré la capacité d'intervention du FESF, qui a l'air de traîner des pieds pour s'exécuter... A quand une intervention massive de la Chine, pour diversifier ses dollars et acheter le Portugal, l'Espagne et l'Italie à la fois ?
Mais le pire dans cette histoire est que malgré la contagion des problèmes de dette publique à toute l'Europe latine (dont bientôt la France), l'euro se porte toujours aussi bien, n'arrivant pas à se rééquilibrer sérieusement contre le dollar. Le seul phénomène qui sauverait la zone euro serait un enfoncement profond de l'euro, restaurant la compétitivité des pays et important une inflation salutaire pour le dénouement de la crise de la dette publique (ainsi qu'un rééquilibrage entre consommation et épargne dont il a déjà été question). Si M. Trichet m'entend, un peu de courage et de réflexion, une inflation modérée vaut bien mieux que le krach destructeur qui nous attend, et qui aura pour résultante une hyperinflation. Sauver l'euro passe par son affaiblissement, comme les Etats-Unis le font avec le dollar.
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