Après les rumeurs de restructuration de la dette grecque, une nouvelle phase de la crise grecque a été atteinte aujourd'hui, avec à la fois une nouvelle dégradation de la note de la Grèce par S&P et une confirmation du besoin de financement supplémentaire, par les pays de l'Union Européenne bien sûr, de la Grèce. Un montant de 30 à 50 milliards d'euros est évoqué, mais l'addition pourrait être encore plus salée puisque la récession qui gangrène la Grèce ne semble pas lui permettre de rembourser à une échéance visible la dette colossale qu'elle a accumulée. Avec plus de 10% de déficit en 2010, et des taux d'intérêt de 25% à 2 ans empêchant tout financement sur les marchés, il est difficile d'envisager une sortie de crise de la Grèce sans une dévaluation sérieuse de l'euro et une inflation salutaire.
Mais malheureusement la Grèce ne peut à elle toute seule faire effondrer l'euro, et une des conséquences majeures est que ce pays va devoir encore s'enfoncer dans l'austérité, en attendant le Portugal et l'Irlande. Peut-être que lorsque l'Espagne et l'Italie seront sous pression, cumulée avec les premières difficultés de la France, l'euro pourra s'enfoncer suffisamment pour que l'inflation issue de la dévaluation permette de se sortir de la crise qui déstabilise l'Europe entière.
En attendant le round 3, une restructuration majeure de la dette grecque, ce pays devra continuer à souffrir, sans vraiment de solution pour s'en sortir.
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
lundi 9 mai 2011
dimanche 8 mai 2011
Une lueur d'espoir ?
M. Trichet a laissé entendre cette semaine qu'une hausse des taux d'intérêt directeurs de la BCE en juin n'était pas à l'ordre du jour, alors que l'inflation flirte avec les 3%. Mais il semblerait que ce ne soit que partie remise, puisque la hausse pourrait survenir en juillet. Une lueur d'espoir apparaît cependant, avec une baisse des matières premières assez soudaine sur les marchés, et surtout une hausse du dollar, qui pourraient diminuer légèrement la crise européenne. Il faudrait que cela continue, mais l'espoir est faible, sur fond de tensions pétrolières au Moyen Orient et de poursuite de la politique de la planche à billets aux Etats-Unis...
Sinon, côté crise de la dette publique européenne, l'Espagne continue à faire peur, avec un taux de chômage à 21%, et un système bancaire régional au bord du gouffre, conséquence directe de l'éclatement de la bulle immobilière. Mais c'est le Portugal qui a fait les gros titres, avec 78 milliards d'euros de prêt par le mécanisme de soutien européen, en contrepartie d'une récession pendant 2 ans, récession qui va empirer le problème de la dette portugaise... Bizarrement, l'exemple grec ne semble pas atteindre les dirigeants européens : la récession est la pire des solutions de remboursement de la dette publique. Mais bon, il faut bien cogner sur les plus petits, ça sert à rien, mais ça soulage. Parce que les plus gros, on ne pourra pas leur faire grand-chose de toute façon.
Sinon, côté crise de la dette publique européenne, l'Espagne continue à faire peur, avec un taux de chômage à 21%, et un système bancaire régional au bord du gouffre, conséquence directe de l'éclatement de la bulle immobilière. Mais c'est le Portugal qui a fait les gros titres, avec 78 milliards d'euros de prêt par le mécanisme de soutien européen, en contrepartie d'une récession pendant 2 ans, récession qui va empirer le problème de la dette portugaise... Bizarrement, l'exemple grec ne semble pas atteindre les dirigeants européens : la récession est la pire des solutions de remboursement de la dette publique. Mais bon, il faut bien cogner sur les plus petits, ça sert à rien, mais ça soulage. Parce que les plus gros, on ne pourra pas leur faire grand-chose de toute façon.
mardi 3 mai 2011
Une restructuration sans le nom
La Grèce nous étonne par son inventivité ces jours-ci : elle ne veut pas restructurer sa dette, mais demande à rééchelonner et à baisser le taux d'intérêt simplement sur la dette que les pays européens lui ont accordé (110 milliards tout de même), pas sur le reste de la dette détenue par les banques et autres fonds de pensions. il faudrait donc dire pour être exact : une restructuration de la dette grecque du FES, pour rembourser le reste de la dette grecque. Ainsi, la Grèce peut annoncer qu'elle ne restructure pas sa dette en totalité, en faisant financer le remboursement de sa dette publique par les autres pays européens. Finalement, les pays européens remboursent leurs propres banques exposées au risque grec, pour éviter une explosion du système bancaire européen similaire à celui de 2008 aux Etats-Unis. Encore une fois, sauver les banques est la mission prioritaire, mais comment faire si l'Irlande, le Portugal, l'Espagne... commencent eux aussi à être vraiment en danger ?
L'autre information majeure récente est que le successeur de M. Trichet à la tête de la BCE serait un italien, M. Draghi, accepté par l'Allemagne en contrepartie de deux autres postes à haut niveau. La question qui se pose est donc la suivante : M. Draghi continuera-t-il dans la même veine allemande que M. Trichet, ou latinisera-t-il la stratégie de la BCE, en acceptant une légère inflation qui sauverait tout le monde ? Espérons que la réponse soit la deuxième, mais il sera peut-être déjà trop tard à ce moment-là, et M. Draghi risque d'avoir une pression allemande beaucoup trop forte pour faire ce choix-là.
Enfin, l'or continue à toucher des sommets, et revient tranquillement à son statut de monnaie de réserve, alors que l'on croyait s'en être affranchi depuis longtemps. Mais la dérive des monnaies-papier devient telle qu'il semble que ce soit une bonne idée de s'en protéger par un métal jaune à la valeur presque éternelle.
L'autre information majeure récente est que le successeur de M. Trichet à la tête de la BCE serait un italien, M. Draghi, accepté par l'Allemagne en contrepartie de deux autres postes à haut niveau. La question qui se pose est donc la suivante : M. Draghi continuera-t-il dans la même veine allemande que M. Trichet, ou latinisera-t-il la stratégie de la BCE, en acceptant une légère inflation qui sauverait tout le monde ? Espérons que la réponse soit la deuxième, mais il sera peut-être déjà trop tard à ce moment-là, et M. Draghi risque d'avoir une pression allemande beaucoup trop forte pour faire ce choix-là.
Enfin, l'or continue à toucher des sommets, et revient tranquillement à son statut de monnaie de réserve, alors que l'on croyait s'en être affranchi depuis longtemps. Mais la dérive des monnaies-papier devient telle qu'il semble que ce soit une bonne idée de s'en protéger par un métal jaune à la valeur presque éternelle.
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