La Grèce nous étonne par son inventivité ces jours-ci : elle ne veut pas restructurer sa dette, mais demande à rééchelonner et à baisser le taux d'intérêt simplement sur la dette que les pays européens lui ont accordé (110 milliards tout de même), pas sur le reste de la dette détenue par les banques et autres fonds de pensions. il faudrait donc dire pour être exact : une restructuration de la dette grecque du FES, pour rembourser le reste de la dette grecque. Ainsi, la Grèce peut annoncer qu'elle ne restructure pas sa dette en totalité, en faisant financer le remboursement de sa dette publique par les autres pays européens. Finalement, les pays européens remboursent leurs propres banques exposées au risque grec, pour éviter une explosion du système bancaire européen similaire à celui de 2008 aux Etats-Unis. Encore une fois, sauver les banques est la mission prioritaire, mais comment faire si l'Irlande, le Portugal, l'Espagne... commencent eux aussi à être vraiment en danger ?
L'autre information majeure récente est que le successeur de M. Trichet à la tête de la BCE serait un italien, M. Draghi, accepté par l'Allemagne en contrepartie de deux autres postes à haut niveau. La question qui se pose est donc la suivante : M. Draghi continuera-t-il dans la même veine allemande que M. Trichet, ou latinisera-t-il la stratégie de la BCE, en acceptant une légère inflation qui sauverait tout le monde ? Espérons que la réponse soit la deuxième, mais il sera peut-être déjà trop tard à ce moment-là, et M. Draghi risque d'avoir une pression allemande beaucoup trop forte pour faire ce choix-là.
Enfin, l'or continue à toucher des sommets, et revient tranquillement à son statut de monnaie de réserve, alors que l'on croyait s'en être affranchi depuis longtemps. Mais la dérive des monnaies-papier devient telle qu'il semble que ce soit une bonne idée de s'en protéger par un métal jaune à la valeur presque éternelle.
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
mardi 3 mai 2011
samedi 30 avril 2011
Le capitalisme est un marxisme
En guise d'entracte au milieu de cette route vers le krach de la dette publique, un peu d'analyse économique iconoclaste peut faire du bien. Le texte ci-dessous a été publié dans son intégralité sur le Cercle des Echos.
Le capitalisme est un marxisme. Le marxisme peut être défini par son but, l’émancipation de l’homme du travail, la libération de l’exploitation de l’homme par l’homme. Le capitalisme, quant à lui, se donne pour objectif la rentabilité maximale du capital, ce qui se traduit par une baisse continue du facteur travail, jusqu’à 0, le capital récupérant alors 100 % de la valeur ajoutée. Le capital cherche dans le capitalisme une amélioration continue de son pourcentage par les gains de productivité, amenés par la science en particulier. Au final, l’objectif du capitalisme est de supprimer le travail, de le rendre le plus faible possible pour récupérer le maximum de la valeur, tandis que l’objectif du marxisme est de supprimer le travail pour libérer l’homme. Le capitalisme est donc un marxisme, par son désir de suppression du travail, suppression en cours par la science.
La science peut nous amener là où le marxisme et le capitalisme se rejoignent : un monde libéré du travail pour la grande majorité de la population. Une révolution dans les concepts, avec l’abandon de l’objectif du plein-emploi pour un objectif de minimum d’emploi, et dans la société, détournée de l’optique du travail vers une optique de liberté.
Le capitalisme est un marxisme. Le marxisme peut être défini par son but, l’émancipation de l’homme du travail, la libération de l’exploitation de l’homme par l’homme. Le capitalisme, quant à lui, se donne pour objectif la rentabilité maximale du capital, ce qui se traduit par une baisse continue du facteur travail, jusqu’à 0, le capital récupérant alors 100 % de la valeur ajoutée. Le capital cherche dans le capitalisme une amélioration continue de son pourcentage par les gains de productivité, amenés par la science en particulier. Au final, l’objectif du capitalisme est de supprimer le travail, de le rendre le plus faible possible pour récupérer le maximum de la valeur, tandis que l’objectif du marxisme est de supprimer le travail pour libérer l’homme. Le capitalisme est donc un marxisme, par son désir de suppression du travail, suppression en cours par la science.
La science peut nous amener là où le marxisme et le capitalisme se rejoignent : un monde libéré du travail pour la grande majorité de la population. Une révolution dans les concepts, avec l’abandon de l’objectif du plein-emploi pour un objectif de minimum d’emploi, et dans la société, détournée de l’optique du travail vers une optique de liberté.
jeudi 28 avril 2011
Bernanke garde le cap
Bernanke a gardé le cap dans sa politique monétaire expansionniste hier soir, à cause de chiffres inquiétants pour la croissance américaine (1,8 % de croissance annuelle au 1er trimestre 2011). Malgré les critiques qui pleuvent sur cette décision qui maintient le dollar très bas, cette solution est la bonne. Bernanke fait le pari d'accepter un peu d'inflation et de relancer la croissance plutôt que d'endiguer l'inflation en tuant dans le même temps la reprise économique. Puisqu'aucune autre voie n'est possible pour sortir les Etats-Unis de l'impasse d'endettement public où ils se trouvent, Bernanke en accepte les conséquences, une légère inflation qui aidera d'ailleurs à résorber la dette publique.
Il y a là un véritable cas d'école, avec d'un côté la BCE et M. Trichet, qui remontent les taux d'intérêt pour contrer l'inflation et enfoncent les pays européens endettés (la Grèce dépasse les 20 % de taux d'intérêt à 2 ans, la restructuration de sa dette publique approche tandis que le Portugal se débat encore un peu avant l'austérité imposée par le FMI et l'UE), et de l'autre côté la Fed et M. Bernanke, avec sa politique de quantitative easing prolongée. Je choisis la Fed contre la BCE, le dollar faible contre l'euro fort. Reste à voir si les événements futurs vont venir confirmer ce vote de confiance.
Il y a là un véritable cas d'école, avec d'un côté la BCE et M. Trichet, qui remontent les taux d'intérêt pour contrer l'inflation et enfoncent les pays européens endettés (la Grèce dépasse les 20 % de taux d'intérêt à 2 ans, la restructuration de sa dette publique approche tandis que le Portugal se débat encore un peu avant l'austérité imposée par le FMI et l'UE), et de l'autre côté la Fed et M. Bernanke, avec sa politique de quantitative easing prolongée. Je choisis la Fed contre la BCE, le dollar faible contre l'euro fort. Reste à voir si les événements futurs vont venir confirmer ce vote de confiance.
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