mardi 19 avril 2011

S&P réveille les marchés sur la dette américaine

Pour une fois que l'Europe n'est pas à la une des quotidiens économiques sur les problèmes de dette publique, il faut s'en réjouir. Et remercier S&P, qui a rappelé l'état déplorable des finances publiques américaines en plaçant la dette américaine sous surveillance négative. Résultat, l'or est au plus haut, et les démocrates et républicains sous pression pour redresser la barre rapidement.

Mais les américains ont une force que n'a pas l'Europe, leur banque centrale. La Fed monétise la dette américaine en masse, laissant le dollar se déprécier, et l'inflation s'installer. Pragmatique, Bernanke, le patron de la Fed, sait bien que la croissance est la seule solution pour sortir de l'entonnoir dette/récession où les USA se trouvent, et tant pis si cela doit s'accompagner d'un peu d'inflation, elle n'en rendra que plus facile le remboursement de la dette publique.

Il serait judicieux d'élire Bernanke aussi à la tête de la BCE, pour qu'il applique la même formule, à savoir un laissez-faire sur l'inflation et une dévaluation monétaire qui permettent à la croissance de repartir significativement. Attendons le tour de l'Espagne pour voir si la BCE continue ses opérations de monétisation de la dette publique européenne, ce qui contrebalancera la position inflexible sur l'inflation, illustrée par une hausse des taux d'intérêts récente.

vendredi 15 avril 2011

Hausse du SMIC, de l'or, de l'euro et même de l'austérité

Le SMIC devrait suivre l'inflation prochainement, avec une hausse de 2% prévue. Une tendance pour l'inflation de second tour ? Pas encore, mais les négociations des salaires des fonctionnaires devraient donner une indication plus nette par la suite. L'or continue également à monter, pour se protéger de l'inflation, et est aussi porté par le cours de l'euro qui n'arrête pas de grimper. A 1,45 $, le cours de l'euro est un fardeau insupportable pour toutes les économies européennes endettées. Il faut dire que le dollar n'est vraiment pas en forme, vu la monétisation continuelle de la dette américaine, qui se poursuivra encore quelque temps à en croire la faible croissance de l'économie américaine. Seul avantage d'un euro fort, la hausse des matières premières est compensée par la baisse du dollar, ce qui permet d'éviter une inflation plus sérieuse entraînant une réaction brutale de la BCE. Alors que ce qu'il faut le plus à l'Europe est une inflation soutenue pendant quelques années, et une BCE qui l'accepte. On peut rêver parfois...

L'austérité aussi a le vent en poupe, avec la Grèce qui en rajoute pour 23 milliards d'euros, alors que le pays est en récession et que le chômage explose. Il faut dire que les rumeurs de restructuration de la dette, joli mot pour dire aux investisseurs d'accepter les pertes, sont à leur comble, mettant le système bancaire allemand sous forte pression. Un joli effet domino se prépare si la restructuration arrive, mais la BCE, qui ne peut pas laisser tomber les banques allemandes, rachètera alors toutes leurs dettes grecques, les monétisant par le même coup. Espérons que cette monétisation qui amènera une baisse de l'euro sera acceptée, même si elle est créatrice d'inflation.

vendredi 8 avril 2011

Trichet ne triche pas

Il est venu, il a vu, il a vaincu... l'économie européenne. Hier, la BCE a donc relevé son taux d'intérêt directeur de 1% à 1,25%, comme elle l'avait annoncé. Plus que la remontée, faible, du taux d'intérêt, c'est le message qui est inquiétant : M. Trichet enfoncera l'Europe dans la stagnation économique, ou au mieux, une croissance molle, plutôt que de laisser l'inflation s'installer. Autant dire que l'Europe file tout droit dans le mur, certains analystes s'attendant à une remontée des taux jusqu'à 2 % fin 2011 au vu des anticipations d'inflation.

Autant cette décision peut sembler courageuse quand on évoque le souvenir pas si lointain d'un Greenspan laissant une bulle de crédit immobilier gigantesque se développer aux USA grâce à des taux d'intérêts historiquement bas, autant ici le remède est pire que la maladie. La situation actuelle est très différente, car la bulle d'endettement est déjà présente, et il s'agit de la plus grosse bulle possible, celle de la dette publique. Au lieu d'accepter l'inflation salutaire, la BCE la refuse donc, mettant sous pression la croissance économique des pays latins européens, eux qui auraient bien besoin d'inflation pour soulager leurs finances publiques. Mais non, l'Allemagne a raison, sus à l'inflation !

Le Portugal, quant à lui, a donc cédé à la pression des marchés, et demande de l'aide à l'Union Européenne. La question est donc maintenant la suivante : quand l'Espagne va-t-elle devoir s'y résoudre à son tour ? Fin 2011, début 2012 ? Le suspense est à son comble. Mais peut-être un outsider pourrait-il lui souffler la vedette, en la personne de l'Italie... Avec une dette publique de 120 % du PIB, un déficit public de 4,6 % en 2010, et une croissance aux alentours de 1%/an, il semble qu'elle a tous les atouts pour attirer les projecteurs sur sa situation très tendue. En attendant la France, qui en cette période préélectorale présidentielle, devrait réussir en 2011 un élégant dérapage dans la réduction du déficit public.

Bref, jusqu'ici, tout va bien.