Le président Obama vient d'annoncer son intention de réduire drastiquement le déficit public des Etats-Unis, afin de le ramener à un niveau presque acceptable, 300 milliards de dollars par an. Mais cet engagement serait tenu... dans 10 ans ! Il est vrai que réduire de plus de 1 100 milliards le déficit aura des effets majeurs sur l'économie américaine, donc le faire dans la durée est une idée raisonnable. Il demeure cependant dans cette déclaration une atmosphère de réponse convenue aux pressions des agences de notation, qui menacent de dégrader à terme la note AAA des Etats-Unis si les déficits astronomiques continuent. Une sorte de voeu pieux afin de contenir les taux d'intérêts américains le plus bas possible à court terme, sans que la crédibilité de l'engagement puisse être testé à court terme, puisque les Etats-Unis ont 10 ans pour y arriver.
Le déficit américain a connu une série de déficits colossaux récemment, avec 1416 milliards de dollars pour l'exercice 2009 (10% du PIB), 1294 milliards (8,9% du PIB) en 2010 et une prévision à 1480 milliards de dollars (9,8% du PIB) pour l'exercice 2011 (du 1er octobre au 30 septembre). Il sera intéressant de voir ce que le début de la réduction des déficits en 2012 et 2013 aura comme impact sur la croissance américaine. Si la croissance s'épuise à cause de cette réduction des dépenses, il sera alors difficile de continuer dans cette voie. Mais si l'inflation démarre et y contribue, alors peut-être cette réduction énorme sera-t-elle possible. Nul doute que la Fed y sera très attentive, puisque son objectif est double, à savoir inflation et croissance économique, au contraire de la BCE qui se concentre uniquement sur l'inflation...
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
dimanche 13 février 2011
samedi 12 février 2011
La BCE s'y met aussi
La BCE est venue cette semaine au secours de l'émission de dette publique du Portugal, afin d'aider à boucler la demande autant que pour calmer le taux d'intérêt qui a atteint presque 7,5 %. Quel pays peut soutenir un tel taux d'intérêt tout en entrant en récession ? La question est rhétorique, puisque la seule réponse à un tel cocktail est la dévaluation pour créer une inflation salutaire et retrouver une compétitivité par rapport à l'étranger.
Mais la BCE ayant pour objectif de contrer l'inflation, la voilà dans une drôle de position. Elle rachète de la dette publique grecque, irlandaise, portugaise, bientôt espagnole, italienne et française, et pourtant elle réfléchit à relever ses taux d'intérêts directeurs pour contrer l'inflation. Schizophrénie, quand tu nous tiens... Sa seule solution est d'accepter une inflation modérée qui va permettre de déserrer l'étau de la dette publique européenne, mais cela ne plaira pas aux allemands. L'autre solution est pire, remonter ses taux d'intérêts et enfoncer les pays latins dans la crise, ce qui déclenchera ensuite un effondrement de l'euro, et une hyperinflation qui règlera le problème.
A l'aune de cette solution, le plus logique serait d'accepter un peu d'inflation, mais la logique allemande ne semble pas encore prête à rejoindre le rang. Les prochaines semaines seront décisives, car la BCE aura à choisir entre rompre son orthodoxie, aller en apparence à l'encontre de sa mission, c'est-à-dire d'accepter l'inflation, mais pour éviter l'hyperinflation. Le successeur de Trichet à la tête de la BCE aura donc un rôle crucial, une responsabilité énorme qui se répercutera dans le monde entier. Espérons qu'il sera suffisamment puissant intellectuellement pour regarder plus loin que l'inflation à court terme, et résister aux critiques allemandes s'il choisit la seule solution disponible, une inflation modérée.
Mais la BCE ayant pour objectif de contrer l'inflation, la voilà dans une drôle de position. Elle rachète de la dette publique grecque, irlandaise, portugaise, bientôt espagnole, italienne et française, et pourtant elle réfléchit à relever ses taux d'intérêts directeurs pour contrer l'inflation. Schizophrénie, quand tu nous tiens... Sa seule solution est d'accepter une inflation modérée qui va permettre de déserrer l'étau de la dette publique européenne, mais cela ne plaira pas aux allemands. L'autre solution est pire, remonter ses taux d'intérêts et enfoncer les pays latins dans la crise, ce qui déclenchera ensuite un effondrement de l'euro, et une hyperinflation qui règlera le problème.
A l'aune de cette solution, le plus logique serait d'accepter un peu d'inflation, mais la logique allemande ne semble pas encore prête à rejoindre le rang. Les prochaines semaines seront décisives, car la BCE aura à choisir entre rompre son orthodoxie, aller en apparence à l'encontre de sa mission, c'est-à-dire d'accepter l'inflation, mais pour éviter l'hyperinflation. Le successeur de Trichet à la tête de la BCE aura donc un rôle crucial, une responsabilité énorme qui se répercutera dans le monde entier. Espérons qu'il sera suffisamment puissant intellectuellement pour regarder plus loin que l'inflation à court terme, et résister aux critiques allemandes s'il choisit la seule solution disponible, une inflation modérée.
lundi 7 février 2011
La Fed : première détentrice de bons du Trésor américain
La nouvelle était attendue, mais cela n'empêche pas de frémir : la Fed devient la première détentrice de la dette des Etats-Unis. On ne peut vraiment mieux montrer la monétisation de la dette publique. La dette publique américaine est passée de 5 674 milliards de $ au 30/09/2000 à 13 561 milliards au 30/09/2010, une augmentation de presque 250 % en 10 ans, qui ne semble pas prête de s'arrêter. Avec 1108 milliards en main, la Fed dépasse la Chine (896 milliards) et le Japon (877 milliards). Ce n'est même pas 10 % de la dette publique, mais on peut imaginer la pression sur les taux d'intérêt américains si la Fed ne les avait pas achetés, et s'il avait fallu trouver des investisseurs réels...
De l'autre côté de l'Atlantique, l'austérité continue, même si l'Angleterre se pose des questions sur la pertinence de cette stratégie maintenant que son PIB du 4ème trimestre 2010 a reculé de 0,5 %. La Grèce continue en tout cas, avec une prévision de récession de 2,6 % prévue en 2011, après 4 % en 2010. On attend maintenant le tour du Portugal et de l'Espagne d'entrer en récession, puisque l'austérité semble être la voie qu'ils ont choisie pour résorber leurs déficits publics. Espérons que la BCE soit aussi sympathique que la Fed, et achète les dettes publiques ibériques quand le besoin s'en fera sentir, sinon la dégringolade risque de se poursuivre en Europe.
De l'autre côté de l'Atlantique, l'austérité continue, même si l'Angleterre se pose des questions sur la pertinence de cette stratégie maintenant que son PIB du 4ème trimestre 2010 a reculé de 0,5 %. La Grèce continue en tout cas, avec une prévision de récession de 2,6 % prévue en 2011, après 4 % en 2010. On attend maintenant le tour du Portugal et de l'Espagne d'entrer en récession, puisque l'austérité semble être la voie qu'ils ont choisie pour résorber leurs déficits publics. Espérons que la BCE soit aussi sympathique que la Fed, et achète les dettes publiques ibériques quand le besoin s'en fera sentir, sinon la dégringolade risque de se poursuivre en Europe.
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