La nouvelle était attendue, mais cela n'empêche pas de frémir : la Fed devient la première détentrice de la dette des Etats-Unis. On ne peut vraiment mieux montrer la monétisation de la dette publique. La dette publique américaine est passée de 5 674 milliards de $ au 30/09/2000 à 13 561 milliards au 30/09/2010, une augmentation de presque 250 % en 10 ans, qui ne semble pas prête de s'arrêter. Avec 1108 milliards en main, la Fed dépasse la Chine (896 milliards) et le Japon (877 milliards). Ce n'est même pas 10 % de la dette publique, mais on peut imaginer la pression sur les taux d'intérêt américains si la Fed ne les avait pas achetés, et s'il avait fallu trouver des investisseurs réels...
De l'autre côté de l'Atlantique, l'austérité continue, même si l'Angleterre se pose des questions sur la pertinence de cette stratégie maintenant que son PIB du 4ème trimestre 2010 a reculé de 0,5 %. La Grèce continue en tout cas, avec une prévision de récession de 2,6 % prévue en 2011, après 4 % en 2010. On attend maintenant le tour du Portugal et de l'Espagne d'entrer en récession, puisque l'austérité semble être la voie qu'ils ont choisie pour résorber leurs déficits publics. Espérons que la BCE soit aussi sympathique que la Fed, et achète les dettes publiques ibériques quand le besoin s'en fera sentir, sinon la dégringolade risque de se poursuivre en Europe.
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
lundi 7 février 2011
lundi 31 janvier 2011
Inflation : confirmation
Les chiffres sont tombés aujourd'hui : l'inflation continue en Europe, avec un mois de janvier à 2,4%, après 2,2% en décembre dernier. Rien de bien inquiétant jusque-là, mais comme la limite haute de la BCE est à 2%, M. Trichet commence à s'agiter, en sortant la menace de la hausse des taux d'intérêt. Ce serait évidemment la pire des erreurs, mais l'orthodoxie allemande risque bien de l'emporter, et de précipiter la crise de la dette publique en Europe.
Et pourquoi donc une inflation modérée 2 à 4% ne serait-elle pas tout à fait acceptable pour l'Europe ? Seul M. Trichet le sait, lui qui risque de commencer à remonter ses taux d'intérêt alors même que la croissance européenne n'est pas totalement repartie. Enfin, il pourra probablement inaugurer un système nouveau dans quelques années, celle de l'arme des taux d'intérêt annulée par la monétisation de la dette publique européenne. Ou comment enfoncer la monnaie européenne tout en maintenant des taux d'intérêt élevés.
Et pourquoi donc une inflation modérée 2 à 4% ne serait-elle pas tout à fait acceptable pour l'Europe ? Seul M. Trichet le sait, lui qui risque de commencer à remonter ses taux d'intérêt alors même que la croissance européenne n'est pas totalement repartie. Enfin, il pourra probablement inaugurer un système nouveau dans quelques années, celle de l'arme des taux d'intérêt annulée par la monétisation de la dette publique européenne. Ou comment enfoncer la monnaie européenne tout en maintenant des taux d'intérêt élevés.
jeudi 27 janvier 2011
Japon : le début de la dégradation
Voilà une des premières attaques contre la dette publique des pays développés majeurs, avec la dégradation de la note du Japon par Standard & Poor's d'un cran, à AA-. Ce n'est pas étonnant à l'aune des dettes publiques abyssales du Japon, le recordman mondial de la dette publique. D'autres Etats majeurs devraient subir le même sort assez rapidement, l'Italie, la France et les Etats-Unis en particulier. Mais les conséquences de ces dégradations sont telles que les agences de notation risquent de retarder au maximum l'échéance, sous la pression. Aux Etats-Unis, le maintien par la Fed d'un taux d'intérêt quasi-nul n'augure pas d'un optimisme démesuré sur la croissance de l'économie américaine, tout comme la poursuite de la monétisation de la dette publique américaine, afin de boucher les trous béants du déficit public.
Les petits pays européens enfoncés dans la crise, quant à eux, devraient continuer leur dégradation continue en 2011, malgré l'aide de la Chine et même du Japon (un comble !) pour les financer. Les PIGS, entre austérité et déficits, continueront donc de porter l'actualité, et d'éviter à l'euro de revenir à des sommets insupportables pour la croissance de son économie. Espérons que l'Italie et la France ne les rejoindront qu'en 2012...
Les petits pays européens enfoncés dans la crise, quant à eux, devraient continuer leur dégradation continue en 2011, malgré l'aide de la Chine et même du Japon (un comble !) pour les financer. Les PIGS, entre austérité et déficits, continueront donc de porter l'actualité, et d'éviter à l'euro de revenir à des sommets insupportables pour la croissance de son économie. Espérons que l'Italie et la France ne les rejoindront qu'en 2012...
Inscription à :
Articles (Atom)