En voilà une bonne idée : doubler la taille du FESF, le passant de 750 milliards à 1500 milliards afin de préserver véritablement l'Europe de la crise. Ou en le disant mieux, impliquer encore plus tous les pays de la zone euro, l'Allemagne en premier lieu, dans la crise de la dette publique. Évidemment, l'Allemagne a refusé l'idée aussitôt qu'elle est apparue, tout comme la France, mais le problème demeure entier : le FESF sera bientôt insuffisant, avec le Portugal et l'Espagne prêts à taper la porte même s'ils ne le reconnaissent pas encore. Si l'on ajoute la Grèce et l'Irlande, déjà aidés, et peut-être bientôt l'Italie, il risque d'y avoir foule pour le FESF, au point que l'idée de doubler la taille du fonds ne soit même plus un débat.
Le mieux serait bien sûr de demander directement à la Chine d'abonder au FESF, mais, question de fierté politique oblige, cette issue n'est pas envisageable, ou du moins pas encore.
Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
lundi 17 janvier 2011
samedi 8 janvier 2011
2011 l'année charnière
En ce début d'année 2011, plusieurs nouvelles intéressantes sont apparues, la principale étant le coming out de la Chine par rapport aux dettes publiques européennes. La Chine n'a en effet aucun intérêt à voir l'Europe s'enfoncer dans une crise majeure de dette publique, car cela se traduirait par un effondrement de la monnaie européenne synonyme de perte importante de compétitivité pour les entreprises chinoises exportant en Europe. La stratégie de protectionnisme monétaire de la Chine serait donc mise à rude épreuve par rapport aux entreprises européennes. Pour essayer de retarder cet effondrement de l'euro, une solution peu chère est d'acheter une partie des dettes de pays européens les plus en difficulté, afin de diminuer les tensions du marché sur la zone euro dans son ensemble. La Chine va donc acheter de la dette grecque, portugaise, irlandaise, espagnole, puis bientôt française et italienne, afin de ne pas précipiter la crise. Non pas que cela change la destinée de cette crise, mais cela permettra de la repousser légèrement, donnant un peu plus de temps à la Chine de se rééquilibrer vers plus de consommation intérieure.
Les autres nouvelles récentes intéressantes sont celles de l'Italie dont les ménages s'endettent inexorablement avec un taux d'activité toujours plus faible, le Portugal qui paie pour 500 millions d'euros de dette souveraine un taux d'intérêt énorme, de presque 3,7 %, les besoins grecs qui continuent à augmenter et bien sûr le devenir de l'Espagne, qui bat des records de chômage.
De tout cela, une seule chose compte vraiment, et rend l'année 2011 charnière : la reprise de la croissance économique sera-t-elle suffisante en Europe pour permettre une diminution significative des déficits publics ? La réponse est plutôt pessimiste, même si des ressources inattendues peuvent apparaître avec une hausse des impôts qui ne grèverait peut-être pas la reprise économique. 2011 sera donc l'année de la croisée des chemins : l'échec de la réduction des déficits ou bien la réussite d'une croissance économique résorbant les déficits.
Les autres nouvelles récentes intéressantes sont celles de l'Italie dont les ménages s'endettent inexorablement avec un taux d'activité toujours plus faible, le Portugal qui paie pour 500 millions d'euros de dette souveraine un taux d'intérêt énorme, de presque 3,7 %, les besoins grecs qui continuent à augmenter et bien sûr le devenir de l'Espagne, qui bat des records de chômage.
De tout cela, une seule chose compte vraiment, et rend l'année 2011 charnière : la reprise de la croissance économique sera-t-elle suffisante en Europe pour permettre une diminution significative des déficits publics ? La réponse est plutôt pessimiste, même si des ressources inattendues peuvent apparaître avec une hausse des impôts qui ne grèverait peut-être pas la reprise économique. 2011 sera donc l'année de la croisée des chemins : l'échec de la réduction des déficits ou bien la réussite d'une croissance économique résorbant les déficits.
mardi 28 décembre 2010
Redistrbution de productivité
Pour continuer dans le sens du précédent post, la redistribution est un facteur beaucoup plus puissant que le simple soutien keynésien à la demande. La redistribution est un facteur de productivité. En séparant la consommation du simple facteur travail, elle permet des gains de productivité que le lien direct travail-consommation ne permettrait pas.
Considérons un instant une économie sans redistribution : le seul soutien à la consommation provient du travail. Quand les gains de productivité se définissent par une diminution du travail, comme cela est souvent le cas dans une économie capitaliste, alors surgit un véritable cercle vicieux : les gains de productivité engendrent une diminution du travail, qui entraîne par là une baisse de la consommation et des craintes favorisant l'épargne de précaution de la part des ménages. Les gains de productivité favorisent donc une récession larvée, compensée seulement par un endettement élevé, insoutenable à terme. Dans une économie sans redistribution, les gains de productivité finissent donc par une diminution de la consommation.
Considérons maintenant l'excès inverse : une économie où la redistribution fournit la totalité de la consommation. Même si des problèmes majeurs de motivation du travail apparaissent dans ce système, les gains de productivité deviennent beaucoup moins problématiques, puisqu'ils ne viennent pas amputer la consommation de façon importante. Ainsi une redistribution élevée permet à l'économie d'engendrer des gains de productivité sans déprimer la croissance trop fortement. Bien sûr, cette redistribution est basée sur la valeur ajoutée bien plus que sur une taxation des salaires.
Entre ces deux extrêmes, une solution plus médiane existe, où le travail est un fournisseur de revenus supplémentaires, mais où la redistribution encourage les gains de productivité en ne diminuant pas la consommation pour autant. En examinant les évolutions du nombre de travailleurs dans la population totale, le schéma apparaît clairement dans les pays développés : de plus en plus de production avec de moins en moins de travailleurs par rapport à la population totale (retraités, chômeurs, étudiants sont de plus en plus nombreux). Ainsi, il serait temps de reconsidérer la redistribution, en la considérant comme un facteur nécessaire pour les gains de productivité, plutôt que comme une charge empêchant les ajustements économiques violents exigés par les capitalistes les plus extrêmes. Même si le marché parfait permet en théorie ces ajustements, la réalité se porte beaucoup plus en faveur de la redistribution, pour déclencher des gains de productivité qui sont la source même de la croissance économique.
En conclusion, la redistribution est bonne pour la croissance, la redistribution est source de productivité.
Considérons un instant une économie sans redistribution : le seul soutien à la consommation provient du travail. Quand les gains de productivité se définissent par une diminution du travail, comme cela est souvent le cas dans une économie capitaliste, alors surgit un véritable cercle vicieux : les gains de productivité engendrent une diminution du travail, qui entraîne par là une baisse de la consommation et des craintes favorisant l'épargne de précaution de la part des ménages. Les gains de productivité favorisent donc une récession larvée, compensée seulement par un endettement élevé, insoutenable à terme. Dans une économie sans redistribution, les gains de productivité finissent donc par une diminution de la consommation.
Considérons maintenant l'excès inverse : une économie où la redistribution fournit la totalité de la consommation. Même si des problèmes majeurs de motivation du travail apparaissent dans ce système, les gains de productivité deviennent beaucoup moins problématiques, puisqu'ils ne viennent pas amputer la consommation de façon importante. Ainsi une redistribution élevée permet à l'économie d'engendrer des gains de productivité sans déprimer la croissance trop fortement. Bien sûr, cette redistribution est basée sur la valeur ajoutée bien plus que sur une taxation des salaires.
Entre ces deux extrêmes, une solution plus médiane existe, où le travail est un fournisseur de revenus supplémentaires, mais où la redistribution encourage les gains de productivité en ne diminuant pas la consommation pour autant. En examinant les évolutions du nombre de travailleurs dans la population totale, le schéma apparaît clairement dans les pays développés : de plus en plus de production avec de moins en moins de travailleurs par rapport à la population totale (retraités, chômeurs, étudiants sont de plus en plus nombreux). Ainsi, il serait temps de reconsidérer la redistribution, en la considérant comme un facteur nécessaire pour les gains de productivité, plutôt que comme une charge empêchant les ajustements économiques violents exigés par les capitalistes les plus extrêmes. Même si le marché parfait permet en théorie ces ajustements, la réalité se porte beaucoup plus en faveur de la redistribution, pour déclencher des gains de productivité qui sont la source même de la croissance économique.
En conclusion, la redistribution est bonne pour la croissance, la redistribution est source de productivité.
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