dimanche 12 septembre 2010

Irlande : prochain vilain petit canard ?

L'Irlande continue d'inquiéter, et se dispute la première place du palmarès avec le Portugal dans la course à la crise de la dette publique souveraine en Europe. Selon l'agence de notation Standard & Poor's (S & P), la dette publique irlandaise pourrait atteindre 113 % du PIB en 2012. Le déficit public, de 14,3 % du PIB en 2009, sera peut-être de 20 % en 2010. des chiffres qui laissent rêveurs sur les perspectives des prochaines années pour l'Irlande.

Le problème est que le naufrage de la dette publique d'une petite économie comme l'Irlande n'est pas suffisant pour enclencher le vrai mouvement salvateur de la zone euro, celui de l'effondrement de l'euro, qui créera l'inflation si nécessaire pour désamorcer la dette publique. Il faudra donc attendre l'Espagne, l'Italie et la France pour que l'euro s'effondre réellement et amène une vague d'inflation suffisante pour rendre la dette publique une question secondaire, vu qu'elle ne vaudra plus rien...

Du côté français, Christine Lagarde, Ministre de l'Economie et des Finances, a confirmé ce que tout le monde savait, une non-augmentation des impôts jusqu'en 2013, pour cause d'élections présidentielles en 2012. La politique a ses raisons que la raison ne connaît point, mais on est tout de suite moins enclin à l'accepter que pour le coeur.

vendredi 27 août 2010

Irlande : la dégradation continue

Après une nouvelle dégradation de la note de l'Irlande (de AA à AA- avec surveillance négative), à cause de ces déficits toujours excessifs, les marchés financiers reprennent peur au sujet des pays européens, et en particulier de la croissance faible qui leur laisse peu de marge de manoeuvre pour réduire leurs déficits. La BCE doit aussi s'inquiéter et se préparer à réactiver son programme de rachats d'urgence de dettes souveraines, comme elle l'avait fait avec la Grèce. Le danger semble encore lointain, mais il approche aussi vite que les craintes des marchés financiers. Paradoxalement, les craintes sur la croissance mondiale permettent aux Etats d'emprunter à des taux historiquement bas, leur enlevant de la pression, en particulier les Etats-Unis et l'Allemagne.

Une anecdote plus drôle, la sortie d'un film intitulé comme ce blog, Krach, est prévue pour le 1er septembre prochain.
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109083.html
Espérons qu'il ne s'agira pas d'un krach de la dette publique, car il pourrait bien être prophétique dans ce cas-là.

lundi 23 août 2010

Moody's : 2ème mi-temps

Après avoir asséné un avertissement aux grands pays européens (et aux Etats-Unis) sur leur note AAA, Moody's fait maintenant l'exercice inverse et déconseille la rigueur qui pourrait empêcher le retour de la croissance en Europe. Le message est clair, même s'il peut paraître schizophrène : "Arrêtez de dépenser sans compter, mais n'arrêtez pas de dépenser non plus". La ligne médiane entre ces deux positions est difficile à trouver, car trop peu de réduction de déficit sera mal perçu par les marchés, et pourrait accroître la pression sur les taux d'intérêt, et trop de rigueur fera peur sur les capacités de croissance future, et pourrait accroître la pression sur les taux d'intérêt. Bref, quoi qu'il se passe, le résultat est le même. Seule une croissance importante sans rigueur pourrait sortir l'Europe de cette impasse, mais celle-ci semble difficile à trouver, hors l'Allemagne qui profite à plein de la croissance mondiale, et asiatique en particulier.

Le mouvement salvateur en Europe serait naturellement une dévaluation de l'euro qui importerait de l'inflation et permettrait de régler à la fois le problème de compétitivité et de dette publique, mais la BCE ne semble pas encore prête à sacrifier l'euro sur l'autel du sauvetage de l'économie européenne. Mais le moment approche où, à force de reculer, il faut sauter, et plus tard sera le moment, plus dures seront les conséquences.