mercredi 14 juillet 2010

Depreciation de l'euro : Henin a raison

Jean-François Henin, le patron de Maurel et Prom, a récemment demandé une dévaluation forte de l'euro, à 0,6 euro pour 1 dollar (http://www.lefigaro.fr/societes/2010/07/12/04015-20100712ARTFIG00307-le-patron-de-maurel-amp-prom-fustige-l-euro.php). Il a totalement raison, puisque la dévaluation de l'euro est la seule solution amenant rapidement de l'inflation et une compétitivité internationale dont l'Europe de l'Ouest a vraiment besoin. Ainsi, le mélange d'une inflation conjuguée à une croissance de la production permettra sans douleur de rééquilibrer les comptes public et éloigner le spectre du krach de la dette publique.

Malheureusement, la BCE n'est pas dans cet état d'esprit pour le moment, et attendra sûrement que le krach soit engagé pour réagir et inonder le marché de liquidités, faisant s'effondrer l'euro, alors qu'une baisse maîtrisée aurait été beaucoup moins destructrice pour l'économie dans son ensemble. Accepter l'inflation est la seule solution pour éviter l'hyperinflation...

dimanche 4 juillet 2010

Natixis et la hausse des salaires

Dans une note sortie il y a quelques jours, Natixis prône une solution totalement hétérodoxe mais aussi complètement dans la philosophie de ce blog. Ci-dessous se trouve le lien vers la note en question, qui imagine une hausse de 20 % des salaires et une dépréciation de 20 % de l'euro :
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=53780

Cette solution est évidemment créatrice d'inflation, et donc bienvenue, mais est un peu trop unilatérale en l'état. En y ajoutant une augmentation des taxes sur l'énergie et les matières premières et en transférant la fiscalité du travail vers la valeur ajoutée, il serait possible de créer une inflation plus soutenue et plus durable qui permette d'entretenir suffisamment longtemps la réduction de l'endettement public et surtout de la surépargne.

A l'opposé, la proposition du Cercle des Economistes de créer une dette européenne est un pas supplémentaire vers le krach de la dette publique, même si elle pourrait le retarder un peu en permettant un financement plus facile aux Etats les plus endettés. Cette solution est bien sûr intelligente pour diminuer la pression des marchés, mais manque complètement le but de réduction de l'endettement public qui rassurerait les marchés.

samedi 3 juillet 2010

Chine et consommation

Le gouvernement chinois a parfaitement compris le problème majeur de la surépargne et tente depuis quelques semaines de le régler en réorientant son économie domestique vers une plus grande consommation et moins d'investissement, afin de diminuer les taux d'épargne et rentabiliser les investissements antérieurs. Les hausses de salaire décidées (ou acceptées) par les autorités vont donc dans le bon sens, même si le comportement individuel d'épargne est très difficile à modifier. En particulier, l'inflation entretenue par la hausse des salaires devrait permettre aux entreprises de rembourser leurs dettes d'investissement et donc éviter une débâcle productive alors que la croissance mondiale est bien faible.

Ainsi, même si cet effort est trop tardif au vu de la situation d'endettement des pays développés (il aurait dû arriver 5 ans plus tôt au moins), il met en lumière la problématique majeure à laquelle vont devoir faire face les pays largement exportateurs à la fois de produits et de monnaie (l'épargne est recyclée en dettes publiques étrangères), de type Chine ou Allemagne. Avec l'effondrement des dettes publiques et bien sûr un effondrement de la monnaie, euro en particulier, leurs actifs épargnés disparaîtront presque automatiquement, annulant l'effort d'épargne réalisé depuis longtemps. Dans une causalité tragique, l'accumulation d'épargne résultera en une disparition de cette richesse épargnée par l'inflation, inflation issue du krach des dettes publiques que l'épargne a elle-même créée...