mardi 8 juin 2010

Austérité

Après l'annonce de l'Angleterre, voici l'Allemagne qui s'y met à son tour. Ne voyant pas la croissance venir aussi vite que la crainte des marchés sur la dette publique, les pays européens choisissent la plus mauvaise voie, celle de l'austérité. Si aucun soutien à la consommation n'est donné par les dépenses publiques, quel va être le moteur de la croissance ? Il semblerait qu'il n'y en ait aucun, puisque ce n'est pas en effrayant les individus qu'ils seront incités à moins épargner.

L'Europe est donc inéluctablement en train de s'enfoncer dans le krach, car les marchés savent bien que l'austérité n'est qu'une solution de court terme, ne permettant pas de sortir du problème de la dette publique, mais juste de le repousser un peu. Finalement, la meilleure solution serait de continuer à dépenser suffisamment pour que l'euro continue à diminuer, jusqu'à déclencher de l'inflation (en partant des matières premières). Seule l'inflation peut nous sauver du krach à venir, car elle seule pourra diminuer la valeur des dettes et surtout rééquilibrer épargne et consommation.

De façon étonnante, si le krach survient pour cause d'absence d'inflation, il déclenchera un épisode d'hyperinflation, car la BCE, par sa politique de quantitative easing massif pour sauver l'économie européenne, fera s'effondrer l'euro. Dans un moment tragique, la BCE verra sa politique anti-inflationniste stricte aboutir à l'opposé de ses buts, aboutir à son cauchemar, l'hyperinflation. L'extrémisme monétaire aura échoué, et il sera possible d'accepter qu'un peu d'inflation est bon pour l'économie.

dimanche 6 juin 2010

Les USA demandent aux autres pays développés de consommer

Dans une conférence du G20 hier, Geithner, le secrétaire d'Etat américain au Trésor a eu des mots pleins de bon sens : il faut que les pays majeurs de l'exportation, Japon, Allemagne et Chine mettent en oeuvre des plans d'augmentation de leur demande intérieure, car l'économie mondiale ne peut reposer seulement sur les consommateurs américains, surtout lorsque ceux-ci reconstituent une épargne qui avait pratiquement disparu de leurs pratiques économiques.

Ci-dessous se trouve le lien vers le New York Times :
http://www.nytimes.com/2010/06/06/world/asia/06summit.html?src=un&feedurl=http%3A%2F%2Fjson8.nytimes.com%2Fpages%2Fbusiness%2Fglobal%2Findex.jsonp
Autant l'Allemagne et la Chine peuvent facilement se permettre de le faire avec des dépenses publiques si besoin est, autant la situation du Japon est compliquée avec son endettement massif... Un changement de comportement individuel est difficile à décider, mais pourrait être aidé par une redistribution plus en faveur des populations pauvres, qui épargnent moins leurs faibles revenus.

Là encore, la surépargne pose problème pour la sortie de crise des subprimes, comme elle a contribué à la créer.

mercredi 2 juin 2010

Le problème de la zone euro, c'est l'Allemagne

Malgré ce que pensent les économistes sur les dérives des finances publiques des pays latins, le problème numéro 1 de la zone euro est l'Allemagne. Sa stratégie individualiste de croissance par les exportations sans consommation intérieure (avec un taux d'épargne de 17% !) est on ne peut plus néfaste pour ses partenaires commerciaux, pays de la zone euro en tête. Au lieu de fustiger la Grèce, si l'Allemagne avait consommé en produits grecs (vacances par exemple) ce que les Grecs lui achetaient, cela irait beaucoup mieux en Grèce. Mais l'Allemagne a décidé de jouer son propre jeu, ce qui va mener la zone euro au désastre, et donc elle avec.

Le libre échange, et plus particulièrement le commerce international, est fondé sur le postulat de la réciprocité des avantages : chaque pays se spécialise dans un type de production, celui où il est le meilleur (par exemple les grosse voitures pour l'Allemagne, les vacances pour la Grèce), ce qui fournit des avantages aux deux parties. La théorie est belle, mais la réalité l'est moins. Avec un taux d'épargne aussi colossal, l'Allemagne ne respecte par la réciprocité des avantages, et vend beaucoup plus qu'elle n'achète. Ne respectant pas le postulat implicite du commerce international, il serait logique que l'Union Européenne la rappelle à l'ordre, par la taxation des exportations allemandes si besoin est, afin qu'elle se décide à enfin consommer plus si elle veut exporter.

En effet, si l'Allemagne consommait plus (par une hausse de la redistribution ou une hausse des bas salaires), la croissance européenne serait beaucoup plus importante, amenant développement, désendettement et rééquilibrage de l'épargne au sein de la zone euro. En fait, le frein au rétablissement de la zone euro est la faiblesse de la consommation allemande, qui empêche une vraie croissance économique comme sont en train de la vivre les Etats-Unis. La stratégie économique allemande est non coopérative, mercantiliste et va donc amener la zone euro dans des turbulences majeures. Entendre dire par les dirigeants allemands aux autres pays qu'ils devraient faire comme l'Allemagne est donc une tragique erreur, qu'il ne faut pas absolument pas suivre.