Un blog sur le futur krach de la dette publique, son explication et les moyens d'y remédier. Plus largement, une nouvelle lecture du libéralisme, séparé du capitalisme et orienté vers une autre répartition du pouvoir économique.
samedi 1 décembre 2012
Et ça continue, encore et encore
Après de longs mois de silence, puisque rien ne changeait vraiment dans cette actualité économique mondiale, il est temps de se réintéresser un peu à notre sujet, car quelques évolutions ont eu lieu :
1. Barack Obama a été réélu, ce qui donne aux Etats-Unis une chance de continuer à redresser la barre en rééquilibrant légèrement les inégalités de revenus et donc en diminuant la surépargne qui en découle. Les USA vont s'en sortir, mais difficilement, et en continuant encore quelques années à faire tourner la planche à billets. En soi, c'est une bonne chose, il y aura bien un peu d'inflation à en retirer un de ces jours.
2. La Chine a changé d'équipe dirigeante. Pas sûr que ça change grand chose, mais peut-être auront-ils la brillante idée de réévaluer leur monnaie, car accumuler du papier américain et européen qui ne vaut rien, on a connu mieux comme investissement. D'où leur stratégie d'acquisition d'actifs productifs dans le monde entier pour recycler ce papier peu sûr. Dans tous les cas, si réévaluation il y a, ce sera lentement pour ne pas tuer l'avantage compétitif de leur main d’œuvre trop rapidement, et ne changera donc pas fondamentalement le problème.
3. La France a perdu son AAA chez Moody's. Ce n'est pas très intéressant au final, mais confirme la tendance lourde en cours en Europe : les dettes s'accumulent, la récession s'installe et l'euro reste élevé à cause de l'épargne sans risque que recherchent les banques et autres institutionnels. Bref, cela va mal, la solution serait évidemment une bonne dévaluation de l'euro pour relancer la zone Euro, mais les allemands ne voudront jamais, et préfèrent encore être taxés régulièrement pour rembourser les dettes des autres pays (ils changeront peut-être d'avis un jour et sortiront de l'euro...).
Puisque tout continue sur la voie du krach, attendons encore quelques mois pour faire un petit point d'étape...
A bientôt,
mercredi 18 juillet 2012
Sauvons le soldat Euro : les solutions
Bon...
Puisque l'euro continue à poser problème, voici les quelques solutions, simples, pour sauver ce soldat abandonné au combat. La plus simple, mais la moins faisable, serait de sortir l'Allemagne de l'euro, afin de dévaluer l'euro proprement une bonne fois.
Mais puisque cette solution reviendrait à transformer l'euro en monnaie latine, et donc à l'abandonner, il ne reste que 2 solutions :
1. transférer des revenus des pays en bonne santé (l'Allemagne), aux pays en mauvaise santé (grosso modo, les autres), par la fiscalité. L'intégration fédérale se résumerait donc à ça, des transferts fiscaux des régions européennes les plus riches vers les moins riches, pour rééquilibrer les richesses au nom de la solidarité et surtout réinvestir dans les régions qui en ont besoin. Mais l'Allemagne n'acceptera jamais.
2. toujours transférer des revenus des pays en bonne santé (l'Allemagne), aux pays en mauvaise santé (grosso modo, les autres), par des droits de douane. Le résultat serait similaire à une dévaluation des économies latines par rapport à l'Allemagne (puisque les produits allemands seraient plus chers), et permettrait aux pays latins de se relancer. L'Allemagne n'accepterait jamais, mais on ne lui demanderait pas son avis.
Expliquons maintenant rapidement pourquoi il ne peut y avoir que ces deux solutions. L'Allemagne a proposé une solution sacrificielle, le rétablissement de la compétitivité par la compression des coûts salariaux, ce qui se traduira par une récession majeure dans tous les pays qui s'y plieront, sans jamais arriver à sortir la tête de l'eau... N'oublions pas que l'Allemagne, qui se targue d'avoir réalisé ce chemin dans les années 2000, a en fait subi une dévaluation déguisée : celle du passage à l'euro. Dans la zone euro, l'apparition de la monnaie européenne a été une bénédiction pour l'Allemagne, dont les efforts salariaux n'auraient jamais permis le rétablissement de la compétitivité, avec une fluctuation des monnaies européennes qui aurait annihilé ces efforts. Le soldat Euro a en réalité sauvé l'Allemagne dans les années 2000... et continue à le faire aujourd'hui. La baisse de l'euro face aux autres monnaies règle seulement une petite partie, extérieure, mais comme celle-ci profite à l'Allemagne, le déficit de compétitivité intra-euro ne peut se résorber par les fluctuations monétaires. Reste donc seulement le transfert de revenus entre pays de la zone euro.
Ou bien une inflation qui entraînera tous les pays dans le rétablissement compétitif par le rééquilibrage entre épargne et consommation, tout en effaçant des dettes antérieures. Cependant, sans politique monétaire et budgétaire très agressive, ceci n'arrivera pas...
Bref, un peu de protectionnisme dans la zone euro serait une solution très salutaire, une forme de fédéralisme européen pour sauver le soldat euro...
lundi 18 juin 2012
L'Espagne et la Grèce : le tango
Après presque 3 mois de pause, pour cause de lassitude sur des événements toujours aussi répétitifs, un petit résumé semblait de mise, surtout après les élections grecques du 17 juin dernier. Cela devrait aller vite : la Grèce s'enfonce mais reste dans l'euro, l'Espagne s'enfonce et fait trembler les autres pays, à cause de la vitesse d'évolution de ses taux d'intérêts (7% de taux d'intérêt). La BCE devrait intervenir pour soutenir l'Espagne bientôt, après que l'UE ait accepté de sauver le système bancaire espagnol il y a à peine quelques semaines.
Pendant ce temps, l'euro descend, et l'idée d'une sortie de la crise par l'inflation progresse. La planche à billets n'aurait même pas besoin de fonctionner à plein régime, puisqu'un bon rééquilibrage de l'euro (environ 1$ pour 1€) aiderait déjà largement la zone euro à rembourser ses dettes, pour autant que l'on accepte les augmentations de salaire qui permettent de suivre l'inflation, et de la soutenir...
jeudi 29 mars 2012
Quand tout va bien, jusque là
De façon très intéressante, tout semble aller bien en Europe pour le moment. Ou comme le dit le proverbe, "jusqu'ici tout va bien...". Avec la BCE remettant le couvert pour plus de 500 milliards d'euros donnés aux banques (plus de 1000 milliards au total), il est vrai qu'il n'y a pas trop de quoi s'inquiéter. Mais, à bien y réfléchir, peut-être qu'il est vraiment temps de s'inquiéter :
L'euro reste désespérément haut (supérieur à 1,3 $), l'Espagne reste désespérément au chômage et sur la corde raide au niveau bancaire, l'Italie fait des reproches au lieu de s'occuper de sa croissance, la France ne fait rien (en fait si, elle élit son président), même la Hollande entre en récession, et l'Irlande y est. Ajoutons à cela une bulle immobilière encore non résorbée dans les pays latins, et cerise sur le gateau, la Grèce qui continue l'hémorragie sans pouvoir y changer grand-chose, avec 130 milliards de plus de l'Europe et 100 milliards effacés de sa dette.
Résultat de ces événements économiques désastreux : le taux d'épargne français est au plus haut, 16,8 %. L'épargne de précaution n'est pas un vain concept économique. Prenons le positivement : plus de ressources pour financer les dettes de l'Etat français, plutôt que négativement : la consommation intérieure flanche. D'un côté, puisque le problème de la France est un problème d'offre selon certains, ce n'est pas très gênant, cela fait juste moins d'importations... De l'autre, par contre, avec une telle épargne, qui n'est pas qu'une spécificité française malheureusement, la reprise économique risque de tarder à se faire sentir, si la consommation n'est pas là.
La surépargne demeure donc encore et toujours, avec pour solution simple : l'inflation, venue d'une baisse de l'euro et d'une hausse des matières premières qui permettrait un rééquilibrage de la balance la plus fondamentale de l'économie, le rapport consommation/épargne (qui devrait être lié à la croissance du PIB à long terme et être donc un objectif majeur de politique macro-économique...).
mardi 28 février 2012
La Grèce presque sauvée jusqu'à la prochaine fois
C'est fait, l'Allemagne a accepté d'aider encore une fois la Grèce, même si elle sait que c'est en pure perte qu'elle finance le déficit insurmontable grec. Des voix gouvernementales allemandes préconisent même maintenant une sortie de la Grèce de l'euro, seul moyen rapide d'obtenir une dévaluation salutaire pour l'économie grecque, mais désastreuse pour ses citoyens.
Seulement, avec 140 milliards, la sortie semble retardée, et devrait donner le temps aux Portugais, Espagnols et Italiens de rejoindre la Grèce dans le cauchemar de la dette publique amenant de l'austérité, une récession et encore plus de déficit. Cependant, la BCE fait ce qu'il faut, c'est-à-dire qu'elle alimente en argent gratuit les banques pour qu'elles financent à un taux d'intérêt acceptable les pays latins, tout cela pour acheter du temps. Mais du temps pour quoi faire, retrouver de la croissance ? Et d'où viendra-t-elle exactement ? L'inflation, solution à la crise, est aussi la solution à l'origine de cette crise, la surépargne et la répartition non optimale des revenus qui l'entretient.
Suite au prochain épisode, c'est-à-dire dans quelques semaines...
Seulement, avec 140 milliards, la sortie semble retardée, et devrait donner le temps aux Portugais, Espagnols et Italiens de rejoindre la Grèce dans le cauchemar de la dette publique amenant de l'austérité, une récession et encore plus de déficit. Cependant, la BCE fait ce qu'il faut, c'est-à-dire qu'elle alimente en argent gratuit les banques pour qu'elles financent à un taux d'intérêt acceptable les pays latins, tout cela pour acheter du temps. Mais du temps pour quoi faire, retrouver de la croissance ? Et d'où viendra-t-elle exactement ? L'inflation, solution à la crise, est aussi la solution à l'origine de cette crise, la surépargne et la répartition non optimale des revenus qui l'entretient.
Suite au prochain épisode, c'est-à-dire dans quelques semaines...
samedi 11 février 2012
Oui à la sortie de l'euro... de l'Allemagne
Le débat sur la sortie de la Grèce de la zone euro s'apparente à un faux débat : le signal envoyé aux marchés financiers serait désastreux, mais surtout l'impact psychologique sur l'absence de solidarité des pays européens porterait certainement un coup fatal à l'idée d'intégration économique européenne. Non, s'il fallait qu'un pays sorte de la zone euro, que ce ne soit pas le plus faible, mais le plus fort.
L'Allemagne serait donc la meilleure cible des arguments de sortie de la zone euro, avec à la clé des avantages non négligeables. Le premier et plus important serait une diminution rapide de l'euro, puisque l'euro libéré de l'économie allemande pourrait se retrouver à des niveaux bas, compétitifs, tandis que le mark se retrouverait une monnaie forte, équilibrant la vigueur de l'économie allemande par un taux de change défavorable. En réalité, il ne faut pas se mentir : l'Allemagne a profité d'une dévaluation compétitive déguisée avec l'euro, ce qui lui a permis pendant les années 2000 de se réformer et de retrouver de la compétitivité. Mais personne en Allemagne ne veut véritablement admettre que sans l'euro qui maintient artificiellement bas leur monnaie, l'Allemagne n'aurait pas réussi aussi bien. Car admettre ce fait, c'est admettre l'intérêt d'une dévaluation pour relancer une économie non compétitive, et donc l'intérêt de faire de même pour l'euro à l'heure actuelle...
Un autre avantage non négligeable serait une bien plus grande communauté d'intérêts entre les pays de la zone euro, puisque presque tous ayant les mêmes défis d'endettement et d'austérité, les décisions politiques et monétaires (BCE) seraient beaucoup plus rapides et efficaces. Enfin, dernier avantage non négligeable, au vu du différentiel de taux de change entre Allemagne et pays de la zone euro, les producteurs de la zone euro ne subiraient plus une telle pression de compétitivité avec leurs homologues allemands...
L'Allemagne serait donc la meilleure cible des arguments de sortie de la zone euro, avec à la clé des avantages non négligeables. Le premier et plus important serait une diminution rapide de l'euro, puisque l'euro libéré de l'économie allemande pourrait se retrouver à des niveaux bas, compétitifs, tandis que le mark se retrouverait une monnaie forte, équilibrant la vigueur de l'économie allemande par un taux de change défavorable. En réalité, il ne faut pas se mentir : l'Allemagne a profité d'une dévaluation compétitive déguisée avec l'euro, ce qui lui a permis pendant les années 2000 de se réformer et de retrouver de la compétitivité. Mais personne en Allemagne ne veut véritablement admettre que sans l'euro qui maintient artificiellement bas leur monnaie, l'Allemagne n'aurait pas réussi aussi bien. Car admettre ce fait, c'est admettre l'intérêt d'une dévaluation pour relancer une économie non compétitive, et donc l'intérêt de faire de même pour l'euro à l'heure actuelle...
Un autre avantage non négligeable serait une bien plus grande communauté d'intérêts entre les pays de la zone euro, puisque presque tous ayant les mêmes défis d'endettement et d'austérité, les décisions politiques et monétaires (BCE) seraient beaucoup plus rapides et efficaces. Enfin, dernier avantage non négligeable, au vu du différentiel de taux de change entre Allemagne et pays de la zone euro, les producteurs de la zone euro ne subiraient plus une telle pression de compétitivité avec leurs homologues allemands...
samedi 28 janvier 2012
La hausse du pétrole : une bonne nouvelle
Ce billet un peu prospectif prend le contre-pied de la pensée économique actuelle, et demande une hausse du prix du pétrole salvatrice pour l'économie mondiale, contrairement à ce que l'on peut imaginer...
La hausse du pétrole apporte deux avantages économiques majeurs, qui font militer pour que cette hausse survienne violemment et rapidement.
Le premier avantage est clair, une inflation permettant de sortir de la crise des dettes publiques. Une inflation importée de la hausse du pétrole, et suivie par la hausse des salaires (créant ce qu’on appelle l’inflation de deuxième tour) permettrait de desserrer l’étau de la crise, en remboursant des dettes publiques colossales qui asphyxient les pays développés, sans douleur ni austérité majeure. Le stock de dettes anciennes serait remboursé à une valeur inférieure à son prix de revient d’origine, tandis que la hausse des prélèvements en valeur des Etats permettrait de combler les déficits élevés actuels, pour dégager une marge de manœuvre financière suffisante pour rassurer les investisseurs. Evidemment, les dettes nouvelles se retrouveraient avec un taux d’intérêt plus élevé, pour prendre en compte l’inflation, mais le besoin plus réduit de ces dettes de la part des Etats en meilleure situation compenserait largement cette hausse des taux. Pour finir, l’inflation aurait un effet salutaire sur l’économie en général, puisqu’elle réduirait la situation de surépargne à l’origine de la crise.
Le deuxième avantage est un peu plus élaboré, puisqu’il consiste en une hausse de la production dans les pays développés, par trois mécanismes distincts. Le premier mécanisme est simple, il s’agit d’une relocalisation de la production, pour cause de coûts de transport en très forte hausse. L’écart de salaires entre pays éloignés géographiquement aurait directement moins d’impact à cause du coût de transport des marchandises. Le deuxième mécanisme est celui d’un soutien à la modernisation des infrastructures (réseau électrique, isolation, transports), puisqu’il faudrait économiser l’énergie chère, et donc enclencher une grande vague de production locale et technologique pour le développement durable. Le troisième mécanisme est lié aussi à la hausse du pétrole, avec une hausse des investissements en R&D dans le domaine énergétique, et donc une hausse des emplois qualifiés dans les pays développés pour substituer le pétrole ou l’économiser. La hausse de production induite serait donc un autre atout pour les pays développés, grands importateurs d’énergie fossile.
Deux façons de voir survenir une hausse du pétrole existent, la première et la plus puissante, par la hausse du prix du baril, à cause de la raréfaction des ressources et donc une tension sur la production. Mais la baisse de l’euro est aussi une façon indirecte d’obtenir les avantages économiques énoncés plus haut, de façon moins importante que de la hausse directe du baril de pétrole. Finalement, même si la hausse du pétrole peut pénaliser individuellement, collectivement il s’agirait d’un événement économique très positif. Sans parler des avantages écologiques, qui ne sont pas l'objet de ce blog, mais qui ne doivent pas être oubliés…
La hausse du pétrole apporte deux avantages économiques majeurs, qui font militer pour que cette hausse survienne violemment et rapidement.
Le premier avantage est clair, une inflation permettant de sortir de la crise des dettes publiques. Une inflation importée de la hausse du pétrole, et suivie par la hausse des salaires (créant ce qu’on appelle l’inflation de deuxième tour) permettrait de desserrer l’étau de la crise, en remboursant des dettes publiques colossales qui asphyxient les pays développés, sans douleur ni austérité majeure. Le stock de dettes anciennes serait remboursé à une valeur inférieure à son prix de revient d’origine, tandis que la hausse des prélèvements en valeur des Etats permettrait de combler les déficits élevés actuels, pour dégager une marge de manœuvre financière suffisante pour rassurer les investisseurs. Evidemment, les dettes nouvelles se retrouveraient avec un taux d’intérêt plus élevé, pour prendre en compte l’inflation, mais le besoin plus réduit de ces dettes de la part des Etats en meilleure situation compenserait largement cette hausse des taux. Pour finir, l’inflation aurait un effet salutaire sur l’économie en général, puisqu’elle réduirait la situation de surépargne à l’origine de la crise.
Le deuxième avantage est un peu plus élaboré, puisqu’il consiste en une hausse de la production dans les pays développés, par trois mécanismes distincts. Le premier mécanisme est simple, il s’agit d’une relocalisation de la production, pour cause de coûts de transport en très forte hausse. L’écart de salaires entre pays éloignés géographiquement aurait directement moins d’impact à cause du coût de transport des marchandises. Le deuxième mécanisme est celui d’un soutien à la modernisation des infrastructures (réseau électrique, isolation, transports), puisqu’il faudrait économiser l’énergie chère, et donc enclencher une grande vague de production locale et technologique pour le développement durable. Le troisième mécanisme est lié aussi à la hausse du pétrole, avec une hausse des investissements en R&D dans le domaine énergétique, et donc une hausse des emplois qualifiés dans les pays développés pour substituer le pétrole ou l’économiser. La hausse de production induite serait donc un autre atout pour les pays développés, grands importateurs d’énergie fossile.
Deux façons de voir survenir une hausse du pétrole existent, la première et la plus puissante, par la hausse du prix du baril, à cause de la raréfaction des ressources et donc une tension sur la production. Mais la baisse de l’euro est aussi une façon indirecte d’obtenir les avantages économiques énoncés plus haut, de façon moins importante que de la hausse directe du baril de pétrole. Finalement, même si la hausse du pétrole peut pénaliser individuellement, collectivement il s’agirait d’un événement économique très positif. Sans parler des avantages écologiques, qui ne sont pas l'objet de ce blog, mais qui ne doivent pas être oubliés…
mercredi 18 janvier 2012
Perte du AAA français par S&P
Aucun intérêt, cela fait 6 mois que tout le monde sait que cela va arriver... Mais la dégradation en masse des pays latins fait quand même tâche dans le paysage. Il n'y a plus qu'a attendre une nouvelle intervention de prêts massifs de la BCE, en février, pour que l'euro continue sa descente et que l'inflation commence à faire son oeuvre. Pas vraiment de quoi rêver, mais un début quand même, avec espérons-le un niveau d'inflation sur 2012 à 3% minimum.
Tant qu'à faire, autant dégrader directement toute la zone euro, car c'est elle qui va faire les frais de l'austérité dans son ensemble. D'autant plus que la croissance chinoise ralentit, que les américains restent à quai malgré des tentatives intelligentes de la Fed, et que le Japon est encore en train de se remettre de Fukushima. Quoi de mieux pour 2012 qu'une récession mondiale, accompagnée d'inflation issue du pétrole qui devient de plus en plus cher...
Tant qu'à faire, autant dégrader directement toute la zone euro, car c'est elle qui va faire les frais de l'austérité dans son ensemble. D'autant plus que la croissance chinoise ralentit, que les américains restent à quai malgré des tentatives intelligentes de la Fed, et que le Japon est encore en train de se remettre de Fukushima. Quoi de mieux pour 2012 qu'une récession mondiale, accompagnée d'inflation issue du pétrole qui devient de plus en plus cher...
jeudi 5 janvier 2012
Hourra, l'euro s'enfonce !
L'euro a franchi à la baisse le seuil des 1,28 $, la meilleure nouvelle de ce début d'année. Un regain de compétitivité et d'inflation pour limiter les effets de la récession à venir issue de l'austérité et de l'endettement excessif des Etats européens. Finalement, le quantitative easing de la BCE a porté ses fruits, tandis que la dégradation des prévisions européennes continuait de donner un coup de pouce appréciable.
Dans le même temps, les banques espagnoles continuent à faire peur à tout le monde, et les italiennes ont commencé à s'y mettre. La Grèce, dont on n'entend plus parler, ce qui est en soi un mauvais signe, continue à tenter de redresser la barre, en essayant de faire payer les contribuables qui ne payaient jamais, et en baissant les salaires des fonctionnaires. Difficile à faire, mais pas impossible... En fait, c'est plutôt la baisse de l'euro qui sauvera la Grèce, comme tous les autres pays latins.
Dans le même temps, les banques espagnoles continuent à faire peur à tout le monde, et les italiennes ont commencé à s'y mettre. La Grèce, dont on n'entend plus parler, ce qui est en soi un mauvais signe, continue à tenter de redresser la barre, en essayant de faire payer les contribuables qui ne payaient jamais, et en baissant les salaires des fonctionnaires. Difficile à faire, mais pas impossible... En fait, c'est plutôt la baisse de l'euro qui sauvera la Grèce, comme tous les autres pays latins.
vendredi 30 décembre 2011
2011 est fini, voilà 2012
Tout se finit donc comme prévu sur cette année 2011, pour une année 2012 qui commence bien :
1. l'Europe entre en récession : Après la Grèce, voici l'Espagne et le Portugal, bientôt l'Italie et la France, et l'Allemagne qui va suivre, sans oublier l'Angleterre
2. Les taux d'intérêts d'emprunt des pays latins restent très élevés, en particulier dans les pays les plus à risque, et l'austérité va contribuer à les garder élevés par son impact négatif sur la croissance
3. les banques continuent à restreindre le crédit pour conserver des fonds propres élevés et aussi se protéger contre la dégradation des dettes publiques (placer à l'argent à la BCE est bien plus agréable)
4. l'euro a bien entamé sa descente (1,3 $) aidé en cela par la BCE qui commence à prendre la mesure des problèmes gigantesques qui se profilent à l'horizon. La solution inflationniste de la dévaluation de l'euro approche doucement.
Donc, en cette année électorale, il devrait y avoir un premier semestre très dur, où l'annonce de la baisse des prévisions sur 2012 contribuera au pessimisme économique, et où l'euro s'effondrera donc encore plus, ce qui contribuera à un deuxième semestre bien plus agréable, sur fond de compétitivité européenne retrouvée, d'inflation soulageant les pays endettés, et de dégonflement des bulles immobilières. La fin de l'année 2012 devrait donc être bien plus rose que celle de l'année 2011, mais il faudra néanmoins s'attendre à un point bas mi-2012, qui obligera la BCE à intervenir massivement pour sauver des pays comme l'Italie, l'Espagne, voire même la France (perte de son AAA), des taux d'intérêts prohibitifs demandés par des investisseurs paniqués. Le FESF, inopérant, sera remisé rapidement après avoir atteint sa limite d'utilité en quelques mois, au vu des besoins de financement des pays latins. En conclusion : "Courage ! Plus que quelques mois d'entêtement idéologique, avant d'accepter la solution monétaire de dévaluation/inflation qui résoudra la crise européenne."
1. l'Europe entre en récession : Après la Grèce, voici l'Espagne et le Portugal, bientôt l'Italie et la France, et l'Allemagne qui va suivre, sans oublier l'Angleterre
2. Les taux d'intérêts d'emprunt des pays latins restent très élevés, en particulier dans les pays les plus à risque, et l'austérité va contribuer à les garder élevés par son impact négatif sur la croissance
3. les banques continuent à restreindre le crédit pour conserver des fonds propres élevés et aussi se protéger contre la dégradation des dettes publiques (placer à l'argent à la BCE est bien plus agréable)
4. l'euro a bien entamé sa descente (1,3 $) aidé en cela par la BCE qui commence à prendre la mesure des problèmes gigantesques qui se profilent à l'horizon. La solution inflationniste de la dévaluation de l'euro approche doucement.
Donc, en cette année électorale, il devrait y avoir un premier semestre très dur, où l'annonce de la baisse des prévisions sur 2012 contribuera au pessimisme économique, et où l'euro s'effondrera donc encore plus, ce qui contribuera à un deuxième semestre bien plus agréable, sur fond de compétitivité européenne retrouvée, d'inflation soulageant les pays endettés, et de dégonflement des bulles immobilières. La fin de l'année 2012 devrait donc être bien plus rose que celle de l'année 2011, mais il faudra néanmoins s'attendre à un point bas mi-2012, qui obligera la BCE à intervenir massivement pour sauver des pays comme l'Italie, l'Espagne, voire même la France (perte de son AAA), des taux d'intérêts prohibitifs demandés par des investisseurs paniqués. Le FESF, inopérant, sera remisé rapidement après avoir atteint sa limite d'utilité en quelques mois, au vu des besoins de financement des pays latins. En conclusion : "Courage ! Plus que quelques mois d'entêtement idéologique, avant d'accepter la solution monétaire de dévaluation/inflation qui résoudra la crise européenne."
mercredi 21 décembre 2011
L'argent est gratuit !
Et oui, l'argent est gratuit, ou presque (1%) ! Mais pas pour tout le monde, puisqu'il faut être une banque ayant accès à la BCE pour avoir droit à ce cadeau de Noël. Cadeau qui sera d'ailleurs reconduit en février (pour les vacances de neige ?). Puisque l'aubaine est trop forte, c'est presque 500 milliards d'euros qui ont été empruntés à la BCE, qui commence à avoir des problèmes de crédibilité, puisque d'un côté elle conserve des taux d'intérêts directeurs relativement élevés comparé aux autres banques centrales majeures, pour lutter contre l'inflation, tandis que de l'autre côté elle injecte des liquidités énormes dans le système bancaire, liquidités qui pourraient bien être source d'inflation...
Mais le principe de réalité l'oblige à revoir discrètement sa posture théorique germanique, et à accepter que l'inflation est plus du côté de la solution que du problème, en ces temps de crise de la dette publique, de récession en 2012, et d'austérité continue qui ne permet pas de relancer quoi que ce soit. Au final, les pays européens vont bientôt regretter de ne pas avoir un peu d'inflation, pour desserrer l'étau de la dette dans des économies en régression. Ils iront alors demander à la BCE de devenir ce qu'elle doit être, prêteuse en dernier ressort. Mais avant cela, il faut que l'Allemagne prenne peur elle aussi, que son économie s'arrête et sa dette soit mise sous pression par les agences de notation, pour que la décision de laisser tomber l'euro à des valeurs plus réalistes ne soit prise, avec un peu d'inflation à l'appui.
Sur ce, Joyeux Noël et Bonne Année 2012 (si l'on peut dire ça en voyant ce qui nous attend).
Mais le principe de réalité l'oblige à revoir discrètement sa posture théorique germanique, et à accepter que l'inflation est plus du côté de la solution que du problème, en ces temps de crise de la dette publique, de récession en 2012, et d'austérité continue qui ne permet pas de relancer quoi que ce soit. Au final, les pays européens vont bientôt regretter de ne pas avoir un peu d'inflation, pour desserrer l'étau de la dette dans des économies en régression. Ils iront alors demander à la BCE de devenir ce qu'elle doit être, prêteuse en dernier ressort. Mais avant cela, il faut que l'Allemagne prenne peur elle aussi, que son économie s'arrête et sa dette soit mise sous pression par les agences de notation, pour que la décision de laisser tomber l'euro à des valeurs plus réalistes ne soit prise, avec un peu d'inflation à l'appui.
Sur ce, Joyeux Noël et Bonne Année 2012 (si l'on peut dire ça en voyant ce qui nous attend).
samedi 10 décembre 2011
Accord franco-allemand : encore des mots
Quoi de mieux que des mots pour nier la réalité ? L'accord franco-allemand obtenu cette semaine semble parfaitement démontrer la sentence. Comme si un accord sur une règle d'or, de la rigueur budgétaire, des engagements des pays européens, allait régler le problème économique majeur qui s'appelle endettement et récession.
Alors oui, la BCE a commencé à ouvrir les vannes, en permettant aux banques de se financer à 1% pendant un moment, et c'est le minimum que l'on attendait d'elle au vu des difficultés de liquidités du système financier européen, mais elle ne s'est toujours pas décidée à acheter de la dette publique, à enfoncer l'euro, car les Allemands ne veulent pas s'y résoudre par peur de l'inflation. Il devrait donc y avoir donc une détente des taux pour les pays européens en mauvaise posture, mais de courte durée car les banques risquent fort de n'être pas très acheteuses de dette publique européenne, malgré les paroles des politiques.
Tant que l'épargne abondante du système économique actuel n'aura pas été réintroduite de façon pérenne dans la consommation, tant que la surépargne n'aura pas été résolue, il n'y aura aucune façon de se sortir du problème économique autrement que par l'inflation. Car sans rééquilibrage massif entre les économies mondiales et en leur sein, l'impasse va demeurer.
Alors oui, la BCE a commencé à ouvrir les vannes, en permettant aux banques de se financer à 1% pendant un moment, et c'est le minimum que l'on attendait d'elle au vu des difficultés de liquidités du système financier européen, mais elle ne s'est toujours pas décidée à acheter de la dette publique, à enfoncer l'euro, car les Allemands ne veulent pas s'y résoudre par peur de l'inflation. Il devrait donc y avoir donc une détente des taux pour les pays européens en mauvaise posture, mais de courte durée car les banques risquent fort de n'être pas très acheteuses de dette publique européenne, malgré les paroles des politiques.
Tant que l'épargne abondante du système économique actuel n'aura pas été réintroduite de façon pérenne dans la consommation, tant que la surépargne n'aura pas été résolue, il n'y aura aucune façon de se sortir du problème économique autrement que par l'inflation. Car sans rééquilibrage massif entre les économies mondiales et en leur sein, l'impasse va demeurer.
mercredi 30 novembre 2011
Les banques centrales réagissent
Finalement, les banques centrales ont pris la mesure des problèmes bancaires, et ont donc commencé à agir en conséquence, en fournissant des liquidités à un prix très bas aux banques de tous les pays. En particulier, l'Europe et les Etats-Unis avaient bien besoin de ces liquidités pour diminuer les tensions interbancaires qui empêchaient beaucoup de banques de se financer à un taux normal, et par voie de conséquence, de financer l'économie à un taux normal.
Résultat, les bourses ont réagi très fortement à la hausse, compensant en partie les baisses élevées qui ont eu lieu depuis deux mois. Mais le plus important est néanmoins la prise de conscience des banques centrales, et en particulier de la BCE, de ses responsabilités pour éviter une récession issue du système bancaire. Ne reste plus qu'à l'autoriser à intervenir sur les dettes publiques pour éviter une récession issue d'une rigueur budgétaire trop importante, et l'euro reviendra à un niveau plus acceptable, créateur d'une inflation salutaire et d'une compétitivité bien plus forte.
Résultat, les bourses ont réagi très fortement à la hausse, compensant en partie les baisses élevées qui ont eu lieu depuis deux mois. Mais le plus important est néanmoins la prise de conscience des banques centrales, et en particulier de la BCE, de ses responsabilités pour éviter une récession issue du système bancaire. Ne reste plus qu'à l'autoriser à intervenir sur les dettes publiques pour éviter une récession issue d'une rigueur budgétaire trop importante, et l'euro reviendra à un niveau plus acceptable, créateur d'une inflation salutaire et d'une compétitivité bien plus forte.
jeudi 10 novembre 2011
La France suit le chemin de l'Italie
A presque 3,5 % de rendement, l'obligation française a aujourd'hui battu un record de spread avec l'Allemagne, de pratiquement 1,5 %, soit 75% de prime de risque. Autant dire que la France devient un pays de seconde zone, comparé à l'Allemagne. Rien de nouveau pourtant, quand la croissance française en 2012 pourrait ne pas dépasser 0,5 %, et que le déficit ne semble pas prêt à être résorbé avant 2013 au mieux, soit dans un nouveau quinquennat et donc une nouvelle politique.
L'Italie quant à elle s'est débarrassée de Berlusconi, sans pour autant que cela soulage ses taux d'intérêts (plus de 6% à 1 an !), ce qui pose la question du niveau d'austérité, de réduction des déficits, demandé par les marchés pour se rassurer. Il est vrai que pour l'instant, le gouvernement italien avait beaucoup parlé, pour peu de résultats. Mais enfoncé dans une croissance molle, plombé par une dette astronomique, la marge de manœuvre est relativement réduite, à moins de taxer lourdement Berlusconi et ses amis richissimes...
Enfin, et pour clôturer le billet, la Grèce, qui n'en finit plus de tenir la pole position : elle s'est trouvée un nouveau premier ministre, ancien vice-président de la BCE, qui ne pourra pas beaucoup plus que son prédécesseur, mais aura l'immense avantage d'être en place lorsque l'euro s'effondrera, sous les 'efforts' conjoints de l'Italie, de l'Espagne, et de la France.
L'Italie quant à elle s'est débarrassée de Berlusconi, sans pour autant que cela soulage ses taux d'intérêts (plus de 6% à 1 an !), ce qui pose la question du niveau d'austérité, de réduction des déficits, demandé par les marchés pour se rassurer. Il est vrai que pour l'instant, le gouvernement italien avait beaucoup parlé, pour peu de résultats. Mais enfoncé dans une croissance molle, plombé par une dette astronomique, la marge de manœuvre est relativement réduite, à moins de taxer lourdement Berlusconi et ses amis richissimes...
Enfin, et pour clôturer le billet, la Grèce, qui n'en finit plus de tenir la pole position : elle s'est trouvée un nouveau premier ministre, ancien vice-président de la BCE, qui ne pourra pas beaucoup plus que son prédécesseur, mais aura l'immense avantage d'être en place lorsque l'euro s'effondrera, sous les 'efforts' conjoints de l'Italie, de l'Espagne, et de la France.
dimanche 6 novembre 2011
Un G20 pour rien
Le G20, l'occasion pour faire le point sur le monde entre toutes les grandes puissances, n'a été le siège que de quelques joutes d'arrière-garde, le référendum de la Grèce tout d'abord et l'implication du FMI sur la dette italienne ensuite. Que dire de l'idée grecque d'un référendum, soi-disant parce qu'ils ne veulent pas rembourser leurs dettes. Puisqu'ils ne la rembourseront pas, à quoi bon faire un référendum ? Pour l'instant, 50% ont été annulés, c'est un bon début. Encore un effort, ou un peu d'inflation, et la dette grecque ne sera jamais réellement remboursée. Côté italien, même si Berlusconi veut éviter le recours au FMI, celui-ci sera inévitable, tout comme l'intervention du FESF, pour contenir l'incendie italien et aussi espagnol. L'Espagne, d'ailleurs, ne fait pas parler d'elle en ce moment mais risque de le faire très bientôt, quand son système bancaire à bout de souffle et criblé d'emprunts immobiliers toxiques aura besoin d'un vaste effort de recapitalisation. Ajoutons à cela l'endettement des régions espagnoles, et apparaît un vaste problème espagnol à venir. La question finale est donc : qui, de l'Espagne ou l'Italie, va amener l'effondrement de l'euro, planche de salut pour les pays latins ? Peut-être la France, finalement...
jeudi 27 octobre 2011
Un répit salutaire
Après l'accord nocturne franco-allemand, les marchés financiers se sont plus que repris, une quasi-euphorie s'abattant sur les valeurs bancaires européennes. Mais ce soulagement palpable ne doit pas cacher pour autant les problèmes de la zone euro, que l'élargissement limité du FESF (seulement 1000 milliards environ) et la décote sur la dette grecque de 50% ne doivent pas cacher. Mais il semble que l'Europe ait gagné quelques mois, sûrement jusqu'aux élections présidentielles françaises, avant que l'inquiétude ne regagne les marchés financiers.
Pendant cette période, la pression devrait s'accroître sur le Portugal, l'Espagne et l'Italie, mais aussi sur la France. Cela surviendra progressivement, jusqu'à ce que les marchés réalisent que la croissance de l'année 2012 en Europe sera proche de zéro, voire négative pour certains pays, et que la maîtrise des déficits publics dans cette configuration est impossible, puisqu'elle ajoute de la récession à la récession. Espérons que l'euro aura le bon sens de s'effondrer doucement, pour atteindre finalement la parité avec le dollar, et créera une inflation suffisamment soutenue pour résorber le problème de la dette publique. Malheureusement, le scénario inflationniste est peu probable, tant que la BCE n'aura pas décidé d'abandonner son inflexibilité monétaire, au profit du sauvetage de l'économie de la zone euro.
Pendant cette période, la pression devrait s'accroître sur le Portugal, l'Espagne et l'Italie, mais aussi sur la France. Cela surviendra progressivement, jusqu'à ce que les marchés réalisent que la croissance de l'année 2012 en Europe sera proche de zéro, voire négative pour certains pays, et que la maîtrise des déficits publics dans cette configuration est impossible, puisqu'elle ajoute de la récession à la récession. Espérons que l'euro aura le bon sens de s'effondrer doucement, pour atteindre finalement la parité avec le dollar, et créera une inflation suffisamment soutenue pour résorber le problème de la dette publique. Malheureusement, le scénario inflationniste est peu probable, tant que la BCE n'aura pas décidé d'abandonner son inflexibilité monétaire, au profit du sauvetage de l'économie de la zone euro.
mercredi 26 octobre 2011
Enfin une vérité en économie
Je ne pouvais pas laisser passer ce changement majeur de discours, en particulier sur un média américain, et pas n'importe lequel, le NY Times. Enfin, l'épargne n'est plus considérée comme le moteur de la croissance par l'investissement privé qu'elle génère, mais au contraire, la consommation est bien ce qui entraîne la croissance ! Une évidence pour tous ceux qui travaillent dans l'économie réelle : l'investissement n'intervient significativement qu'après la croissance de la demande (donc de la consommation au niveau macro-économique), pour y répondre, et non en anticipation irrationnelle de celle-ci.
Les conséquences économiques, théoriques et pratiques, sont immenses, de la taxation à l'inflation. Evidemment, le livre "Le Krach de la dette publique" part de ce constat d'erreur économique pour tenter de réhabiliter une nouvelle forme plus réelle d'économie, en théorie et en pratique.
http://www.nytimes.com/2011/10/26/opinion/its-consumer-spending-stupid.html?nl=todaysheadlines&emc=tha212
Les conséquences économiques, théoriques et pratiques, sont immenses, de la taxation à l'inflation. Evidemment, le livre "Le Krach de la dette publique" part de ce constat d'erreur économique pour tenter de réhabiliter une nouvelle forme plus réelle d'économie, en théorie et en pratique.
http://www.nytimes.com/2011/10/26/opinion/its-consumer-spending-stupid.html?nl=todaysheadlines&emc=tha212
dimanche 23 octobre 2011
Décote grecque de 50 %, le FESF en bonne voie de démultiplication,
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont finalement parvenus à un début d'accord, en acceptant d'un côté (français) le principe d'une décote de 50 % sur la dette grecque, soit un défaut partiel du gouvernement grec, et de l'autre côté (allemand) la possibilité pour le FESF d'augmenter sa force de frappe jusqu'à 2000 milliards environ. A côté de cela, bien sûr, le sujet de la recapitalisation des banques européennes est sur la table, avec une estimation à plus de 100 milliards de besoin, histoire d'éviter un nouveau cataclysme bancaire à la Lehman. Si tout cet argent est nécessaire juste pour la Grèce, personne n'ose imaginer combien il sera nécessaire pour l'Espagne ou l'Italie...
La bonne nouvelle est donc que la Grèce est finalement devenue ce que tout le monde savait : une perte colossale. La décote devrait porter sur environ 150 milliards d'euros, sacré cadeau pour un pays qui a maquillé ses comptes, n'arrive pas à collecter d'impôts, ne vend pas ses actifs et ne réforme pas ses institutions. Cependant, devant l'étendue des sacrifices à faire passer, il est normal que la récession soit aussi élevée et les mesures si difficiles à faire adopter, ce qui rend toute solution impossible, hormis une dévaluation de l'euro, qu'il faudra bien accepter quand de plus gros pays en seront au même point. Quand on sait que, si le drachme avait encore existé, tout aurait été rapidement réglé par une bonne dose de dévaluation et d'inflation, il y a de quoi être perplexe quant à l'intérêt de l'euro pour des petits pays : quand tout va bien, l'euro n'aide pas, quand tout va mal, il enfonce. Du désavantage d'être petit parmi les grands...
La bonne nouvelle est donc que la Grèce est finalement devenue ce que tout le monde savait : une perte colossale. La décote devrait porter sur environ 150 milliards d'euros, sacré cadeau pour un pays qui a maquillé ses comptes, n'arrive pas à collecter d'impôts, ne vend pas ses actifs et ne réforme pas ses institutions. Cependant, devant l'étendue des sacrifices à faire passer, il est normal que la récession soit aussi élevée et les mesures si difficiles à faire adopter, ce qui rend toute solution impossible, hormis une dévaluation de l'euro, qu'il faudra bien accepter quand de plus gros pays en seront au même point. Quand on sait que, si le drachme avait encore existé, tout aurait été rapidement réglé par une bonne dose de dévaluation et d'inflation, il y a de quoi être perplexe quant à l'intérêt de l'euro pour des petits pays : quand tout va bien, l'euro n'aide pas, quand tout va mal, il enfonce. Du désavantage d'être petit parmi les grands...
mercredi 19 octobre 2011
Les choses sérieuses commencent
Le premier coup de semonce sérieux vient d'être tiré par Moody's, et il concerne la dette de la France. Finalement, la France s'est fait rattrapée sur la gestion de son déficit, les élections présidentielles 2012, les perspectives de croissance anémique, son absence de réformes, etc. Rien de concret pourtant, juste une attention accrue sur la perspective de la note de la dette française. Une façon de préparer doucement les marchés à la fin de la note AAA de la France, ce qui serait tout à fait justifié au vu des fondamentaux français.
L'implication de la France dans la dégradation des pays latins est la dernière pierre à l'édifice, celle qui sépare les pays consommateurs plus que producteurs, ceux qui n'ont pas fait les efforts budgétaires, contre les autres, plus disciplinés, plus compétitifs, qui ont beau jeu de critiquer ceux à qui ils vendent leurs produits. Espérons qu'avec cet édifice équilibrant la zone euro entre pays latins emportés par la crise de la dette et pays anglo-saxons qui les suivent de plus loin, la BCE saura prendre parti, en faveur d'une dévaluation compétitive de l'euro, porteuse d'inflation et de croissance, les seules vraies solutions à l'endettement européen.
Dans le même temps, la pression s'accentue sur l'Espagne, qui continue sa descente dans la qualité de sa dette (2 crans de moins pour Moody's), et qui va bientôt se retrouver avec des taux d'intérêt insoutenables... La Grèce, encore en grève, n'arrive pas à redresser son économie, en chute libre, et pas plus à collecter les impôts. A part taxer chaque grec d'un montant forfaitaire, il ne reste plus grand-chose à faire. Une sorte de TVA sans la consommation, puisque la consommation se fait au noir. Et l'Italie, toujours aussi intéressante, continue d'étonner avec 24 banques (!) dégradées par S&P, du fait d'une économie en sur place (0,5-0,7 % de croissance) et une dette énorme (120% du PIB). Bref, l'euro a encore besoin de descendre : à quand la parité euro/dollar ?
L'implication de la France dans la dégradation des pays latins est la dernière pierre à l'édifice, celle qui sépare les pays consommateurs plus que producteurs, ceux qui n'ont pas fait les efforts budgétaires, contre les autres, plus disciplinés, plus compétitifs, qui ont beau jeu de critiquer ceux à qui ils vendent leurs produits. Espérons qu'avec cet édifice équilibrant la zone euro entre pays latins emportés par la crise de la dette et pays anglo-saxons qui les suivent de plus loin, la BCE saura prendre parti, en faveur d'une dévaluation compétitive de l'euro, porteuse d'inflation et de croissance, les seules vraies solutions à l'endettement européen.
Dans le même temps, la pression s'accentue sur l'Espagne, qui continue sa descente dans la qualité de sa dette (2 crans de moins pour Moody's), et qui va bientôt se retrouver avec des taux d'intérêt insoutenables... La Grèce, encore en grève, n'arrive pas à redresser son économie, en chute libre, et pas plus à collecter les impôts. A part taxer chaque grec d'un montant forfaitaire, il ne reste plus grand-chose à faire. Une sorte de TVA sans la consommation, puisque la consommation se fait au noir. Et l'Italie, toujours aussi intéressante, continue d'étonner avec 24 banques (!) dégradées par S&P, du fait d'une économie en sur place (0,5-0,7 % de croissance) et une dette énorme (120% du PIB). Bref, l'euro a encore besoin de descendre : à quand la parité euro/dollar ?
dimanche 16 octobre 2011
Le FESF se renforce, le FMI aimerait bien aussi
Après un marathon législatif pour renforcer le FESF, qui s'est achevé positivement cette semaine en Slovaquie, et va donc permettre l'aide à la Grèce, il est question d'augmenter à nouveau ses moyens, puisque la BCE refuse de continuer ses interventions non conventionnelles, c'est-à-dire le rachat de la dette grecque sur les marchés. Et si la BCE ne veut plus le faire, il ne reste que le FESF.
Les idées fusent autour d'une augmentation de la taille du FESF, sans repasser par la case législative, longue, complexe, et sûrement vouée à l'échec au vu des réticences de certains pays européens. Celle qui a tenu les experts éveillés est l'utilisation de la dette pour démultiplier les capacités du FESF, un effet de levier dans le jargon financier, qui a un prix élevé, le risque de tout perdre pour les Etats contributeurs si le résultat attendu n'intervient pas. Mais l'avantage est important si cela fonctionne, c'est-à-dire la préservation des notes des Etats européens comme la France, et une capacité d'intervention plus adéquate pour le FESF quand l'Espagne et l'Italie vont avoir besoin de lui (1500-2000 milliards serait une bonne cible, contre 440 aujourd'hui). Reste à trouver la forme, mais l'idée est intéressante au final, même si elle risque d'augmenter encore plus l'interdépendance des Etats européens...
Pendant ce temps, le FMI aimerait également se renforcer, en récupérant 350 milliards de capital, mais le côté politique ne permet pas d'assurer que cela se fera à court terme, les émergents voulant une participation accrue (ce qui semble normal au vu de leurs poids économiques respectifs). Cependant, l'idée est bonne, car l'extension de l'incendie de la dette en Europe pourrait bien nécessiter plus de ressources de la part du FMI que ne veulent bien le laisser entendre les optimistes.
Et pour finir, le jeu de la dégradation des notes continue, avec l'Espagne, qui reste dans le collimateur des agences de notation, même si les raisons de la dégradation font sourire (pas assez d'austérité, puis trop d'austérité). Décidément, être un Etat latin qui soutient la consommation n'est vraiment pas gratifiant en ce moment. Mais le pire reste à venir, surtout avec une récession européenne qui se profile à l'horizon en 2012, du fait des cures d'austérité engagées un peu partout, et même en Allemagne où le retour à l'équilibre budgétaire est proche, non seulement par la croissance, mais aussi par la maîtrise des dépenses.
Les idées fusent autour d'une augmentation de la taille du FESF, sans repasser par la case législative, longue, complexe, et sûrement vouée à l'échec au vu des réticences de certains pays européens. Celle qui a tenu les experts éveillés est l'utilisation de la dette pour démultiplier les capacités du FESF, un effet de levier dans le jargon financier, qui a un prix élevé, le risque de tout perdre pour les Etats contributeurs si le résultat attendu n'intervient pas. Mais l'avantage est important si cela fonctionne, c'est-à-dire la préservation des notes des Etats européens comme la France, et une capacité d'intervention plus adéquate pour le FESF quand l'Espagne et l'Italie vont avoir besoin de lui (1500-2000 milliards serait une bonne cible, contre 440 aujourd'hui). Reste à trouver la forme, mais l'idée est intéressante au final, même si elle risque d'augmenter encore plus l'interdépendance des Etats européens...
Pendant ce temps, le FMI aimerait également se renforcer, en récupérant 350 milliards de capital, mais le côté politique ne permet pas d'assurer que cela se fera à court terme, les émergents voulant une participation accrue (ce qui semble normal au vu de leurs poids économiques respectifs). Cependant, l'idée est bonne, car l'extension de l'incendie de la dette en Europe pourrait bien nécessiter plus de ressources de la part du FMI que ne veulent bien le laisser entendre les optimistes.
Et pour finir, le jeu de la dégradation des notes continue, avec l'Espagne, qui reste dans le collimateur des agences de notation, même si les raisons de la dégradation font sourire (pas assez d'austérité, puis trop d'austérité). Décidément, être un Etat latin qui soutient la consommation n'est vraiment pas gratifiant en ce moment. Mais le pire reste à venir, surtout avec une récession européenne qui se profile à l'horizon en 2012, du fait des cures d'austérité engagées un peu partout, et même en Allemagne où le retour à l'équilibre budgétaire est proche, non seulement par la croissance, mais aussi par la maîtrise des dépenses.
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